À la campagne - Rencontres sur un champ de patates

Rencontres sur un champ de patates

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La plaine de la Limagne, des champs, à perte de vue… Stéphane Chevarier a repris en 1995 l’exploitation de ses parents, à Chappes. Son grand-père était agriculteur, son père a travaillé chez Michelin, mais il est retourné à la terre. Pour Stéphane, c’était difficile au début : « Sans Limagrain, je n’aurais pas été paysan », dit-il. « Je cultive surtout le maïs mais aussi le blé, la betterave à sucre et plusieurs variétés de pommes de terre : mona lisa, noisette, ratte, charlotte… De 35 hectares au début, j’en suis à 80 aujourd’hui ! » Depuis une semaine, dix-huit saisonniers viennent ramasser les “patates” : la “bleue d’Auvergne” et la “fleur de pêcher”. Il y a près de quatre hectares et le ramassage se fait tout à la main, environ 6 h 30 par jour pour 25 à 35 tonnes.

Entre les propriétaires et le PARQ, c’est « une histoire de rencontres ! » dit Jean-François. Depuis plusieurs années, Stéphane a affaire avec l’association : ils se contactent dès février pour l’été suivant, et s’occupent ensemble de tout ce qui est administratif, dont l’inscription des salariés à la Mutualité sociale agricole. Ici le groupe se constitue surtout de femmes, mères de famille et de quelques jeunes. Beaucoup sont au chômage ou en fin de droits.

« La majorité d’entre nous vient des quartiers nord de Clermont », précise Fatima. « On a été contactés à la maison de quartier par les gens du PARQ. » Pour Pashije, c’est un peu différent. Elle est arrivée de Serbie en 2007 avec son mari et ses enfants, et actuellement ils habitent au Centre d’accueil pour demandeurs d’asile (CADA) de Bussières-et-Pruns, près d’Aigueperse. « Le directeur du CADA, notre assistante sociale et Jean-François nous ont aidés », confie Pashije, « ils ont communiqué ensemble et m’ont trouvé ces petits emplois saisonniers. » Fatma et Ayse, elles, connaissent l’association depuis deux ans.

Elles habitent sur le même palier. « Une amie turque a travaillé ici et m’a donné les coordonnées », explique Fatma. « L’an dernier j’ai cueilli le tabac et le raisin… » Fatima, Malika, Pashije, Fatma, Ayse… Toutes ont de la gaieté et se plaisent ici, même si le travail est dur. « Le but, dit Jean-François, c’est aussi de permettre aux dames de se rencontrer. Par exemple Fatima et Malika, qui habitent le même endroit et ne se connaissaient pas. D’autre part, il y a ce rapport à la terre qui est important. »

« La semaine dernière, le patron, Stéphane, nous a donné une caisse d’une tonne de pommes de terre à nous partager, chacun un sac, raconte Malika, il est gentil. »

D’autres les font travailler très vite et ne donnent rien ! « Tous n’ont pas cette bienveillance, ni ce respect », a aussi remarqué Jean-François ; et chez ceux-là il préfère ne pas revenir…

M.L.


Date de création : 06/11/2008 @ 17:11
Dernière modification : 06/11/2008 @ 17:11
Catégorie : À la campagne
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