Dossier - Pour une culture alternative
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Pour une culture alternative

Au printemps 2007, la Fédération des artistes demandeurs d’asile (Fada) s’installait dans des locaux inoccupés de l’université d’Auvergne, rue Kessler à Clermont-Ferrand (voir Exclusif n°15 et n°16). Objectif : en faire un lieu de travail artistique, mais aussi de diffusion puisque les visiteurs s’y succédèrent pendant trois mois… jusqu’à ce que le tribunal ordonne l’expulsion. En juillet 2008, eut lieu à Montferrand la “Fadaria”, une semaine d’activités culturelles et artistiques proposées par ces mêmes artistes. Qui sont-ils, que font-ils ? Et comment, aujourd’hui, “faire de la culture” et la faire connaître au public, avec peu ou pas de moyens ?

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D’après Solène Lefèvre et Benjamin Touvron, membres de la Fada, « il s’agissait de créer un espace de rencontre multidisciplinaire dans la cité, qui permette une ouverture… Ce sont des gens qui se retrouvent, qui n’ont pas de lieu pour travailler leur art. Or, créer une activité durable et quotidienne, se donner des outils de travail, ça passe par l’obtention d’un lieu ! » insiste Benjamin. Un lieu, ça permet de nouer des contacts, de bâtir un réseau et d’échanger des savoirs, mais aussi de s’ouvrir à d’autres arts : Isabelle Mammoliti, vidéaste1, a découvert la danse rue Kessler : « Il y a une émulation à être à plusieurs, et à rencontrer d’autres disciplines. »

Pourtant les artistes de la Fada regrettent d’avoir souvent dû mettre de côté leurs travaux – théâtre, danse, musique, arts plastiques, etc. – au profit de la défense de leur projet : « 75 % du temps a été consacré aux moments de lutte, et seulement 25 % à la pratique artistique », selon Marie Belcour, également membre actif. D’après Solène et Marie, même si la Fada, en 2007, a utilisé le squat comme mode de revendication, « on aimerait bien disposer d’un lieu de façon licite ! Mais les loyers d’une surface suffisante sont rédhibitoires. Cela dit, on n’est pas prêts de revenir au squat : c’est une responsabilité hyperlourde ! Ce n’est une solution que si toutes les autres sont épuisées… » L’idéal ? Une location pas chère, en échange d’un engagement à retaper les lieux ? Peut-être une friche industrielle, pas trop loin du centre… Difficile de trouver un lieu pareil sans le soutien actif des pouvoirs publics…

« Pas très forts sur la com’ »

Et si c’était à refaire, comment s’y prendraient-ils ? « On gérerait différemment un quotidien où on n’avait pas beaucoup de recul, où les choses se sont faites dans l’urgence, sans trop de suivi : les gens présents le matin ne l’étaient pas forcément le soir, au moment de prendre les décisions… On s’organiserait mieux pour l’ouverture et l’accès des gens au site, ce qui était la substance même du projet. Et puis on connaît mieux aujourd’hui les rouages de l’administration… » Solène révèle aussi, par exemple, qu’ils ont ouvert un compte à la Nef, « une banque solidaire qui donne un sens à l’épargne, qui prête de l’argent pour des projets respectueux de la nature et de l’Homme… »

« Et puis on n’aurait pas le même besoin de se faire connaître, parce que les médias ont bien relayé l’information. » C’est d’ailleurs une journaliste qui les a orientés vers le comité de quartier de Montferrand : « Ils cherchaient une animation, du genre où les parents peuvent laisser les enfants pour aller faire les courses… On était un peu vexé, on n’arrivait pas à se faire comprendre : nous, on voulait travailler en tant qu’artistes ! Il est vrai qu’on n’est pas très forts sur la com’ », soupire Solène. « Le partenariat n’a pas été facile, mais on a fait l’effort… On voulait montrer qu’on peut faire les choses correctement : on apprécie de faire du bon travail ! » C’est ainsi que La Fadaria a vu le jour (voir interview ci-dessous) : « Ça a rendu pas mal de personnes réceptives, même si au début elles étaient sceptiques. Mais ça a été vraiment positif, de tous les côtés. »

G.D.

courriel de La Fada

1. Elle a notamment réalisé le film “Le Printemps de la Fada” (1 h 13) : “mi-reportage, mi-documentaire”, ce film est disponible auprès de la réalisatrice : Isabelle Mammoliti, 1 D place Landouzy, 63130 Royat, courriel

Sur ce sujet de la “culture alternative”, on peut lire le rapport Lextrait, remis en 2001 au ministère de la Culture, téléchargeable sur Internet : http://www.culture.gouv.fr/culture/actualites/rapports/lextrait/lextrait.htm

Date de création : 06/11/2008 @ 16:01
Dernière modification : 06/11/2008 @ 16:08
Catégorie : Dossier
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