Dossier - Le statut d’intermittent du spectacle : histoire et avatars

Le statut d’intermittent du spectacle : histoire et avatars

Le statut d’intermittent donne droit à un régime particulier d’assurance-chômage, tenant compte des particularités des métiers artistiques : les “temps creux” entre deux périodes travaillées – deux tournages, par exemple – sont indemnisés dans des conditions apparemment plus favorables que pour un chômeur “classique”.

Ce système permet que les temps de création, de répétition, de déplacement et de mise au point d’un spectacle ne soient pas des “trous noirs” financiers. Les premiers bénéficiaires du statut furent, en 1936, les cadres et techniciens du cinéma. Il fut élargi en 1964 aux ouvriers du cinéma et aux cadres, techniciens et ouvriers de l’audiovisuel, en 1969 à ceux du spectacle vivant et aux artistes œuvrant dans tous ces domaines.

En 1974, on comptait 19 100 intermittents, 28 750 en 1984, 68 900 en 1994 (dont 53 000 indemnisés), et en 2002 123 000 (103 000 indemnisés) dont, pour la première fois, une majorité d’artistes. La réforme de 2003, annoncée comme devant réduire le déficit de l’assurance-chômage, rend plus difficile l’accès au statut : au lieu d’un an, les techniciens doivent justifier sur 10 mois seulement (10,5 pour les artistes) de 507 heures de travail rémunéré, ou des cachets équivalents. Première conséquence, une chute d’environ 30 % du nombre des intermittents, selon leurs syndicats et coordinations. Les chiffres des Assedic n’y correspondent pas : fin août 2008, elles comptent 950 à 1 000 intermittents en Auvergne… comme en 2003 ? Les professionnels expliquent que ces chiffres sont ceux des ouvertures de droits dans l’année… mais que, depuis 2003, ces droits ne valent plus pour un an mais seulement 243 jours : la même façon de compter aboutit, aujourd’hui, à un résultat biaisé. Ils évoquent bien d’autres effets négatifs de la réforme. Le passage de 12 à 10 mois décale tout, notamment par rapport à l’été où ont lieu beaucoup de manifestations artistiques, et il “coince” beaucoup d’intermittents – il est même accusé d’avoir justement été imaginé pour cela. En même temps, il faut obtenir au moins un cachet sur chaque mois, sinon l’intermittent devient un saisonnier, avec une indemnisation en chute libre (dans l’exemple ci-dessus, de 1 500 à 400 euros). D’une façon générale, les calculs liés au statut sont de plus en plus complexes et difficiles à anticiper pour les intermittents, ce qui les pousse à accepter toutes les commandes “à l’aveugle”, au détriment de vrais choix artistiques. Les Assedic sont soupçonnées de ne pas y voir plus clair, quitte à se montrer très pointilleuses et, entre différents modes possibles de calcul, à toujours trancher en défaveur des intermittents… Une des principales (et anciennes) causes du fameux déficit semble intacte : le secteur audiovisuel est accusé de “plomber” le système, avec de “faux” intermittents qui ne sont en réalité que des travailleurs précaires dans des entreprises et des métiers qui, eux, n’ont rien d’intermittent…

D.C.


Date de création : 06/11/2008 @ 10:59
Dernière modification : 06/11/2008 @ 10:59
Catégorie : Dossier
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