Méli-mélo - En attendant label !

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ALAIN BONNEFONT

En attendant label !

Auteur-compositeur clermontois, Alain Bonnefont a publié en avril son troisième CD, “Cosy Corner”.

Comment avez-vous débuté votre carrière ?

Dans la fanfare de Gerzat… J’ai continué dans des groupes jusqu’à 18 ans. Puis, avec Jean-Louis Bergheaud – qui ne s’appelait pas encore Murat –, on a monté le groupe Clara, de 1978 à 1980. Au départ, je ne jouais que des reprises. Mais de voir Jean-Louis écrire m’a montré que c’était possible.

Avez-vous pu vivre de votre activité artistique ?

Après Clara, j’ai continué à travailler pour Jean-Louis Murat. Parallèlement, je jouais dans des bars et je composais. Pendant dix ans, j’ai entassé des chansons, proposées en vain à de nombreuses maisons de disques. En 1989, j’ai composé la musique de Te garder près de moi, sur Cheyenne Autumn, le premier album de Jean-Louis à avoir bien marché : elle a fait l’objet d’un clip et généré près de 100 000 francs (15 000 euros) de droits d’auteur en deux ans. Mais je ne mettais rien de côté, et ce sont des revenus irréguliers, ponctuels. Les passages à vide se sont succédé. J’ai composé pour des documentaires, des films d’entreprise, mais ça ne suffisait pas. Alors, j’ai pris du boulot, en intérim, avec des horaires harassants.

Cette précarité n’a jamais cessé, même après le premier album…

En 1993, une maison belge m’a contacté pour Amaretto, mon premier album. Mirabelle au réveillon, le suivant, est sorti dix ans plus tard. Des succès d’estime, mais aucun revenu correct. Entre-temps, je me suis retrouvé sans rien, ni Assédic, ni RMI. On m’a prêté un appartement, et j’ai monté un dossier de surendettement. J’étais découragé. Puis en 99, j’ai refait une tournée avec Jean-Louis, et mes droits Assédic ont été rouverts. Maintenant, je suis au RMI, je travaille de temps en temps avec Jean-Louis. Quand on est artiste, le succès n’est jamais assuré : impossible d’avoir la vie d’un fonctionnaire. J’aurais pu être instituteur, mais j’ai démissionné pour me consacrer à la musique. J’ai parfois touché le triple de ce que ma mère gagnait en travaillant à l’usine.

Comment le RMI influence-t-il votre travail créatif ?

Comme je suis soulagé des contraintes immédiates de survie, et que par ailleurs je n’ai pas de famille à charge, je redouble de travail, je m’organise et j’essaye de m’y tenir. Je profite de ce temps disponible pour composer. La précarité constitue un moteur, un moyen de m’en sortir grâce à ma passion. J’ai une raison de vivre et de me lever le matin. Même lorsque je n'ai pas de quoi sortir, je peux rester chez moi, écrire ou composer à la guitare, ou simplement chanter. Quand on a le sentiment d’avoir écrit une bonne chanson, ces minutes de bonheur rendent le reste supportable et donnent enfin un sens aux difficultés endurées.

Quels sont vos projets après ce troisième CD ?

Sur Cosy Corner, j’ai quasiment tout fait avec une souscription préalable pour couvrir les frais, et je cherche un label pour le distribuer. Pour le prochain, j’aimerais créer mon propre label par le biais d’une association. Pourtant, même si ça n’aboutit pas, j’en referai un d’ici un an, parce que j’ai envie de laisser une trace avec mes chansons, sans me soucier d’un éventuel succès.

N.H. & C.D.

Cosy Corner est en vente aux Volcans, chez Gibert, à la FNAC, et chez Spliff of course.
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COSY, LE PIRATE…

“Cosy Corner”, en anglais c’est le “coin douillet”, appellation qui fait aussi référence à un meuble des années 60. Dans ce titre, on retrouve bien l’aspect intimiste de l’album, qui baigne dans une atmosphère particulière et chaleureuse, comme dans un cocon, ainsi que la personnalité d’Alain Bonnefont et les conditions dans lesquelles il a composé les chansons, dans un tout petit appartement. Et pourtant, curieusement, on a l’impression de voyager à travers l’espace et le temps : mélodies délicates, poésie et magie des mots qui nous transportent dans le monde du rêve, de l’irréel…

« J’ai écrit à la fois les musiques et les textes. Composer une chanson est vraiment un boulot solitaire », explique-t-il. Il n’attend pas l’inspiration. Tous les soirs, il se met à sa table et essaie d’avoir « une phrase, une ébauche de mélodie, une chanson entière… » qu’il n’avait pas la veille. Les chansons sont ensuite enregistrées, toujours chez lui, avec un ordinateur. Il joue de différents instruments, et un logiciel lui permet d’en utiliser d’autres, virtuels.

« Il n’y a pas une narration clairement constituée, mais une série d’images successives. J’essaye de suggérer quelque chose avec les mots et leurs sons plus qu’avec leur sens. Je suis de la génération des années 70 ; lorsque j’écoutais Led Zeppelin ou les Rolling Stones, je ne comprenais pas les paroles mais ça fonctionnait dans mon imaginaire. C’est cette expérience que j’aimerais retrouver actuellement. »

L’imaginaire est aussi présent dans les livres qui l’ont fait rêver : personnages mythiques, aventuriers merveilleux ou terrifiants… Ils sont dans ses chansons : Calamity Jane, Huckleberry Finn, Long John Silver, redoutable pirate de “L’île au trésor” de Robert Louis Stevenson, grand poète du roman d’aventures du XIX siècle. Si l’on regarde bien la pochette du CD, on reconnaît la carte dans laquelle prend racine l’histoire du roman de Stevenson. Peut-être que celle-ci a aussi suggéré “Cosy Corner” dans l’esprit d’aventure d’Alain !

M.L.


Date de création : 05/08/2008 @ 19:03
Dernière modification : 06/12/2008 @ 21:10
Catégorie : Méli-mélo
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