Ailleurs - RSA, insertion : des idées et des millions…

RSA, insertion : des idées et des millions…

À l’origine du RSA, une évidence : pour sortir de la précarité, mieux vaut l’emploi que l’assistanat. Donc chaque heure travaillée doit apporter un supplément de revenu – sinon, pourquoi sortir du chômage ? Le RSA devait donc bénéficier à toute personne dont l’emploi ne permet pas de dépasser le seuil de pauvreté (estimé alors à 817 euros pour une personne seule). D’autres mesures devaient permettre de bâtir une politique globale et volontariste de réduction des inégalités. Cela, c’était en 2005 le projet de Martin Hirsch, président d’Emmaüs.

2008 : le dispositif proposé par Hirsch Martin, haut commissaire du gouvernement aux Solidarités actives, suscite des questions. Le RSA doit s’étendre au delà des bénéficiaires du RMI et de l’API, certes… Mais pour l’heure, il n’est pas question de l’appliquer à tous les travailleurs pauvres, aux salariés en contrats aidés, ni aux 18 25 ans (alors que la France détient le triste record d’Europe de jeunes sans emploi ni formation professionnelle). Pourquoi ? Parce qu’il coûterait alors environ deux fois plus cher : Hirsch veut 3 milliards d’euros, le gouvernement semble prêt à en mettre 1,5, à “siphonner” dans la prime pour l’emploi, dont bénéficient ceux qui sont “juste un peu moins pauvres”…

Un risque majeur : le RSA fonctionnerait comme une subvention aux entreprises, tentées de maintenir des salaires bas et des emplois précaires en comptant sur cette compensation par l’État. D’autre part, le RSA ne peut tenir lieu à lui seul de politique de l’emploi, et absorber tous les moyens de la lutte contre l’exclusion : il doit être intégré à un projet clair et politiquement soutenu. Or la volonté du gouvernement de sanctionner les chômeurs “insuffisamment investis” prend de plus en plus ouvertement le pas sur la volonté de les aider à s’insérer, renforçant l’idée que seuls “les bons chômeurs, prouvant qu’ils font des efforts pour s’en sortir”, mériteraient d’être aidés.
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Quelques pistes…

Entre autres propositions, la FNARS a donc imaginé des mesures évitant “l’effet subvention” (contrôle du recours au temps partiel, notamment). D’autre part, les allocataires de minima sociaux devraient être systématiquement inscrits comme demandeurs d’emploi, suivis et accompagnés avec des moyens suffisants par le SPE, qui doit être étroitement associé à l’évaluation des parcours et au versement des prestations selon les situations personnelles. Autre préconisation : s’appuyer sur les acteurs économiques territoriaux afin d’accroître le nombre et la qualité des contrats d’insertion.Quant au RSA, il semble important de l’attribuer sans poser une limite a priori, pour une durée adaptée à chaque personne… La FNARS suggère aussi de préciser clairement les droits des demandeurs d’emploi – conditions d’accueil, d’accompagnement, d’indemnisation… –, de trouver un juste équilibre entre “droits” et “devoirs”, de revaloriser les minima sociaux et de les indexer sur le coût de la vie. De plus, l’adéquation de l’emploi à une personne ne se limite pas au seul revenu : toutes les conditions de la reprise d’emploi devraient être prises en compte – transport, horaires, pénibilité, formation, santé, garde des enfants…

N.H. et D.C.

Informations plus complètes sur le site : www.fnars.org

Date de création : 05/08/2008 @ 17:58
Dernière modification : 05/08/2008 @ 17:58
Catégorie : Ailleurs
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