Quoi de neuf ? - Une éthique sans reconnaissance

Une éthique sans reconnaissance

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C’est sa passion pour le dessin qui a conduit Thierry à devenir tatoueur, un métier qu’il apprend en autodidacte et qu’il exerce aujourd’hui à l’enseigne de Metal Ink, rue de la Treille à Clermont-Ferrand. D’ailleurs, aucun diplôme précis n’est encore requis pour s’installer – seulement le paiement d’une « patente » –, ce qui signifie aussi une absence totale de reconnaissance professionnelle. Avec des « effets pervers » comme ceux des tatouages faits « à la maison », sans contrôle sanitaire et avec des erreurs que Thierry doit parfois rattraper. Quant à la réglementation qui se met en place (lire ci-contre), elle s’est faite selon lui sans consultation des tatoueurs et implique un investissement financier bien trop lourd. Déjà, le matériel est très cher, à l’exemple de l’autoclave-stérilisateur acquis par Thierry pour une somme proche de 6 000 euros. Toujours dans le respect de l’hygiène, ses tatouages sont réalisés avec un dermographe Teflon et des aiguilles à usage unique.

Toutes les couches de la société sont représentées dans la clientèle de Thierry, de la bourgeoisie aux classes moyennes en passant par les anciens détenus qui veulent faire recouvrir des tatouages parfois stigmatisants. D’ailleurs, il s’est donné pour règle de mettre en garde les clients sur l’aspect définitif de son travail : « Je ne tatoue jamais quelqu’un lors de la première entrevue. Je lui demande de réfléchir au moins une semaine avant de prendre sa décision mais le plus souvent, deux ou trois jours après, il me téléphone pour confirmer. » Pour ce qui est des motifs, selon Thierry, « les femmes savent en général exactement ce qu’elles veulent, alors que les hommes sont plus influençables ; ils suivent la mode mais par définition, celle-ci ne dure pas ». En tout cas, il ne reproduit jamais deux fois le même dessin et se laisse guider par son inspiration.

Côté tarifs, le critère essentiel est la durée du travail. Et le prix est fixé une fois l’accord conclu sur un dessin.

J.-F.M., N.H. et T.C.

Sept ans de réflexion

Sur le pas de la porte de Thierry, Adeline et Elsa ont bien voulu confier leurs motivations pour se faire tatouer.
« Je possède déjà un tatouage à la cheville, que j’ai fait faire pour des raisons sentimentales », explique Adeline, « et je vais bientôt en avoir un autre : j’aime aussi beaucoup le dessin ! » La jeune fille fait partie d’un groupe d’amis liés par la musique et qui ont tous le même tatouage pour montrer cette appartenance.
À l’inverse, le tatouage d’Elsa reste caché : « Il faut qu’il soit personnel, je ne voudrais pas qu’on le copie. Ce tatouage représente une partie de moi-même, sans aucun lien avec la mode. »
Toutes deux ont proposé un dessin à Thierry, puis ils l’ont « fignolé » ensemble. Elles affirment avoir « confiance » et se sentir « en sécurité » avec lui : « Il a une bonne hygiène et ses tarifs sont abordables. » Elles l’ont découvert « en passant devant sa boutique ». Et elles ont mis du temps pour réfléchir : sept ans pour l’une, et deux pour l’autre.

J.-F.M. et N.H.


Date de création : 05/08/2008 @ 17:18
Dernière modification : 05/08/2008 @ 17:18
Catégorie : Quoi de neuf ?
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