Quoi de neuf ? - La peau pour toile

La peau pour toile

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Boutique Sans Complex, rue du Port à Clermont-Ferrand. Dans la demi-clarté d’un début de juin anxiogène, la devanture paraît soudain accueillante, loin des fantasmes de tanière obscure peuplée de bikers à gros bras ou de goths évanescents. Lumière blanche, présentoirs à bijoux, catalogues et canapés rendus irrésistibles par des milliers de fesses patientes, l’ensemble est de nature à rassurer le quidam. « L’idée, c’est de mettre à l’aise les gens, surtout ceux qui n’ont jamais mis les pieds chez un tatoueur », justifie Ben. Sur les murs une série de photos impeccables, sous de simples cadres. Des portraits venus d’Afrique ou d’Océanie qui offrent un regard intéressant sur la tradition du tatouage et du piercing, bien plus diverse et universelle que ne le laissent supposer les idées reçues. Au fond, une table à dessin encombrée où le tatoueur prépare ses carbones. Une poignée de crayons épars. Quelques livres.

Ben discute avec son rendez-vous de l’après-midi, Marc (voir ci-contre), un habitué qui explique tranquillement le pourquoi, la démarche, les raisons. Loin de considérations psychanalytiques ou sociologiques trop souvent réductrices, il parle d’envie et de sens. Chacun de ses tatouages est un symbole et l’on devine dans ses propos le caractère réfléchi de la démarche.

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On passe finalement à l’étage, direction la “salle opératoire”. Ben et Marc papotent tranquillement tandis que l’artiste dispose avec soin l’ensemble du matériel nécessaire sur un plateau. Tout est emballé, neuf, chirurgical. Il y a dans les gestes une assurance et une méthode qui tranchent avec la décontraction des deux hommes. En fond sonore s’écoule un flot musical aussi changeant que la clientèle, rien en tout cas qui puisse prêter le flanc à une catégorisation facile. Un coup d’œil en bas révèle d’ailleurs la présence hésitante d’une mère et de son fils, sans doute venus pour la première fois. Un grand gars, un casque de moto à la main, attend sagement près de l’entrée.

En haut le montage est terminé et Ben s’applique à verser ses encres dans une série de minuscules godets. Ainsi disposé, le tout évoque la palette d’un peintre et sonne comme un rappel bienvenu. Car un tatoueur est avant tout un artiste, « l’un des rares qui puisse encore faire son beurre en dessinant », explique Ben. Son torse nu comme une galerie d’art graphique hypercolorée, Marc se cale confortablement dans le fauteuil et attend le début de la séance, la vrille sonore caractéristique. Il est un peu plus de 14 h 30. Les deux hommes ne quitteront pas la salle avant le début de soirée.

S.J.


Date de création : 05/08/2008 @ 16:30
Dernière modification : 05/08/2008 @ 16:30
Catégorie : Quoi de neuf ?
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