Quoi de neuf ? - Revisiter 68

Revisiter 68

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Mai 68 est de retour à l’affiche, pour un quarantième anniversaire à l’occasion duquel rien ne nous sera épargné dans le registre de la nostalgie. Le club photo du Corum Saint-Jean, à Clermont, offre au travers d’une exposition de portraits un regard neuf sur ceux qui ont connu les brouillards artificiels des barricades : “Qui étais-je en 1968 ? Qui je suis en 2008 ?”.

Le projet de Philippe Gomez, animateur du club, et d’André Hébrard a été proposé à six apprentis photographes avec l’objectif de réunir 15 à 20 modèles, auxquels il était demandé de prendre la plume pour raconter celui ou celle qu’ils étaient en ce printemps 68, les textes servant ensuite de support aux photos.

Étudiant en histoire de l’art, Florent Galetti n’était pas, de prime abord, franchement emballé par l’idée. « 68 n’était pas un sujet qui me tenait particulièrement à cœur, mais Philippe nous l’a proposé, alors pourquoi pas ? » raconte-t-il. Le principe était de reprendre le cadrage de photos d’époque fournies par les modèles, et de resituer ces derniers dans des décors qui fassent écho à ceux du passé. Un exercice de style qui réclame de bien cerner l’atmosphère de ces vieux clichés. « Le portrait n’est pas dans mes habitudes et je suis largement perfectible dans ce domaine. Mais c’était surtout une opportunité d’avancer », poursuit Florent. Une photo prise devant le mur de Berlin que le jeune homme va s’appliquer à rajeunir dans une rue de Clermont. Attitude similaire quarante années après.

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Parmi ceux qui ont accepté de se prêter au jeu et de ressusciter ces moments, Daniel Eschapasse, un “vétéran” de Mai comme on aime se les représenter. À grands traits, il évoque son expérience : « J’ai fait quelques barricades moi aussi, mais je ne comprenais pas ce qui se passait à l’époque. Je n’avais que 20 ans ! » Alors employé, il se lance dans la grève avec enthousiasme, mais les effets de la contestation sont pour le moins médiocres. « On n’a quasiment rien obtenu » déplore-t-il. À l’issue du mouvement, le SMIC fut quand même augmenté de 30 %, les syndicats obtinrent le droit d’exister au sein des entreprises… entre autres changements.

Avec humour, Daniel redonne sa couleur d’alors au Clermont de mai. « Ça chahutait et je courais vite à l’époque. Ça remuait, surtout aux Jardins des plantes et place de Jaude ! Les gens paniquaient, sautaient sur la bouffe dans les rares magasins ouverts, constituaient des stocks d’huile d’olive qu’on a ensuite retrouvés dans les poubelles. Clermont n’était pas une grande ville, mais ça chauffait pas mal. » En septembre, retour sur terre et départ vers l’Allemagne pour 16 mois de service national. Lorsqu’on lui lâche la question rituelle, le « si c’était à refaire… », il se fend d’un « pourquoi pas mais pas aujourd’hui ». Quarante c’est sans doute trop.

S.J.

Du 19 avril au 1er juin au Corum Saint-Jean, et aussi en mairies de Beaumont, de Mezel et à la médiathèque de Besse-en-Chandesse.

Date de création : 13/06/2008 @ 16:00
Dernière modification : 13/06/2008 @ 20:00
Catégorie : Quoi de neuf ?
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