Dossier - Un patron anti-pression

À l'usine AMTA, aux Ancizes

Un patron anti-pression

« La souffrance au travail, il y en a ici comme ailleurs : on est mondialisés, c’était vrai voilà vingt ans avec la concurrence de l’ex-bloc soviétique, aujourd’hui avec la Chine, l’Inde, demain le Brésil… Après le 11 septembre, on a eu la crise, des licenciements – humainement, j’ai eu du mal… Il a fallu jusqu’à l’an dernier pour nous en remettre. Le secteur de l’automobile donne le tempo, et nous les sous-traitants on suit, avec des prix et des délais plus serrés chaque année. On est payés à 107 jours, donc en réalité quatre mois après le boulot, et bien contents quand le carnet de commandes est à 4 ou 6 semaines. »

Stéphane Estier, gérant de la société AMTA1, aux Ancizes, ne veut pas raconter d’histoire : « Ici c’est pas “la Petite maison dans la prairie” ! J’ai des conflits, comme les autres. » Pourtant on nous l’a indiqué comme un patron qui “ne met pas la pression” sur ses salariés… « J’ai fait ce choix-là : moi je l’ai, mais je ne vois pas à quoi ça sert qu’ils la subissent. Alors j’essaie de prendre sur moi. Sinon je crois que la plupart des treize salariés se seraient barrés, parce que c’est des métiers durs, pas très bien payés. » Même avec le 13e mois et une demi-heure sup’ par jour.

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Alors, comment éviter de leur mettre la pression ? « En respectant leur vie sociale – ils finissent à 16 heures, par exemple. Et surtout en faisant confiance ; d’abord, quand on a besoin de quelqu’un on l’embauche, sans tourner autour du pot : ici tout le monde est en CDI. Le matin, c’est les gars qui ouvrent l’atelier, je les laisse s’organiser : moi je fixe l’objectif, quitte à m’apercevoir – ou que certains me disent – que je ne “serre” pas assez. » Et comment faire pour “serrer” davantage ? « Je réunis les chefs d’équipe, puis tout le monde s’il le faut, et on cause. Une entreprise c’est un ensemble de gens qui doivent tous œuvrer pour qu’on y arrive, parce qu’avant de distribuer il faut gagner… » On pourrait se dire que Stéphane la joue “manager cool”, mais un tour de l’usine avec lui, au milieu des salariés, montre bien que les relations sont humaines et pas trop “pressurisées”… Bref qu’il ne joue pas, lui le patron qui se paye quand il peut, mais ne se plaint pas et a refusé une offre d’achat mirobolante qui lui aurait permis de faire le rentier toute sa vie – « mais les gars auraient morflé, ça c’est sûr… »

G.D. & D.C.

1. Atelier de Mécanique Tôlerie des Ancizes, ZI La Plaine des champs, BP 5, 63 770 Les Ancizes-Comps, tél. 04 73 86 84 16.

Date de création : 11/06/2008 @ 20:01
Dernière modification : 11/06/2008 @ 20:01
Catégorie : Dossier
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