Dossier - Harcèlement : la fin du non-dit ?

Harcèlement : la fin du non-dit ?

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Jacques Murol, ingénieur en chef à la mairie de Clermont-Ferrand, est aussi secrétaire départemental de la CFDT “Interco” (fonction publique territoriale). Depuis quinze ans, il s’intéresse de près aux problèmes de souffrance au travail, qui selon lui « étaient mal reconnus et même souvent niés par les élus ou les chefs de service ; les victimes elles-mêmes n’acceptaient d’en parler qu’à voix basse ». Mais les choses ont tendance à changer aujourd’hui, notamment parce que certaines affaires sont “sorties” : suite à la publication par la CFDT d’un tract mettant en cause la directrice d’une école de danse pour son comportement à l’égard de ses salariés, cette dernière a porté plainte pour diffamation contre le syndicat… Au cours du procès, qui a duré six heures, pas moins de 14 personnes sont venues témoigner qu’il s’agissait bien de la triste réalité : la plaignante a été déboutée, et la CFDT relaxée.

Aujourd’hui, l’objectif du syndicat est d’anticiper ce type de situations, plus fréquentes qu’on ne l’imagine. Une « grille d’analyse de la souffrance et du harcèlement au travail » a ainsi été mise au point et tous ceux qui viennent dénoncer des situations souvent insupportables répondent à une série de questions pour préciser ce qu’ils subissent. Jacques Murol les incite à témoigner par écrit, comme dans cette autre affaire où sept personnes du même service évoquent à propos de leur responsable « humiliations, propos obscènes, abus d’autorité, hurlements, stress permanent », etc. Après le recueil des témoignages, c’est un règlement en interne qui est privilégié, mais sinon les affaires peuvent aller au tribunal. La CFDT, soutenue dans sa démarche par d’autres syndicats, est également à l’origine d’un groupe de travail mis en place il y a deux ans et rassemblant élus, juristes, médecins et représentants professionnels. Au-delà de la prise de conscience du problème, des actions concrètes devraient prochainement être mises en place. « Ces situations de souffrance sont aussi fréquentes dans le public que dans le privé », précise Jacques Murol, « et se terminent parfois, hélas, en suicides. Il arrive que des gens souffrent depuis le début de leur carrière, y compris dans des petites communes. Ils ne doivent pas hésiter à se confier : il ne faut surtout pas perdre sa vie à la gagner. »

J-F.M. & T.C.

CFDT Interco - 15, mail d’Allagnat - 63000 Clermont-Ferrand – tél. 04 73 42 63 47

Date de création : 11/06/2008 @ 18:42
Dernière modification : 18/06/2008 @ 16:00
Catégorie : Dossier
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