Nid de coucou de David Calvo

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L’île aux enfants, c’est pas marrant

David Calvo ne fait rien comme les autres et surtout pas quand il écrit. Encore tout vert (34 ans seulement), il a pourtant déjà posé les jalons d’un univers riche et décalé, une fantasy contemporaine où il s’applique à déconstruire les mythes générés par notre société néo-libérale, à secouer le réel, à jouer avec des codes multiples. Et comme il est taquin, hors de question pour lui de se laisser catégoriser. Il touche à tout, fait ça bien et finit plutôt par dérouter. C’est pour cela qu’il est précieux.

Nid de coucou est un recueil de nouvelles, certaines déjà parues mais reprises et remaniées ici pour être intégrées à un ensemble cohérent, sous-tendu par un fil rouge, renforcé par de nouveaux textes et des photos, des plans, qui lui donnent une épaisseur supplémentaire. L’inspiration baroque et décalée de Calvo (Casimir devient le point de départ d’une étrange déviation de l’histoire du monde) est toujours là et chaque récit amène sa propre couleur. Enquête policière pas banale dans Iceblink Blunk, Frank Sinatra sur la Lune dans La mer des Sargasses, le délirant Supercroc où l’auteur nous livre ses révélations sur l’origine du crocodile de Peter Pan. Vu comme ça, on songe à un délire acidulé, mais force est de constater que tout cela est bien agencé et permet au lecteur de s’immerger dans un monde très personnel et d’une vive intelligence.

Pour couronner le tout, l’écriture de Calvo demeure égale à elle-même. Stylée en diable, aussi inclassable que le bonhomme, elle aime l’iconoclasme signifiant plutôt que tape-à-l’œil, les variations soudaines, les suggestions, et les métaphores qui fusent à la façon d’un William Gibson. Difficile pour l’heure de lui trouver des petites sœurs.

Au final, ce qu’il faut peut-être retenir de ce voyage exotique, c’est sans doute la mélancolie. Celle d’un homme qui se rend compte que ses héros de jadis sont en toc et que quelqu’un (quelques-uns, « la société » ?), quelque part, pour des raisons froides et cyniques, s’est foutu de sa gueule.

S.J.

Editions Les Moutons Electriques, juin 2007, 254 p.,15 €.

Date de création : 18/11/2007 @ 00:21
Dernière modification : 27/02/2008 @ 19:13
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