Archéologie
Dans sa quête permanente de son passé, l’homme moderne a développé les stratagèmes pour acquérir un savoir précis sur les époques antérieures. Ainsi l’archéologie s’est avérée le moyen adéquat pour une meilleure connaissance de l’histoire. La terre devient alors une sorte d’archive potentielle, que les archéologues ont investie massivement. Le Puy-de-Dôme est singulièrement concerné car chargé d’événements historiques déterminants : il y a plus de 2000 ans, les Limagnes et le Val d’Allier étaient le riche territoire du peuple arverne, qui jouissait d’une puissance militaire et d’un pouvoir à l’échelle de toute la Gaule. On connaît l’importance des voies romaines qui traversaient la région, mais aussi celle d’Augustonemetum (ancien nom de Clermont), du mur des Sarrasins à Clermont-Fd, de l’ancien lac de Sarliève et du théâtre antique récemment découvert à Ceyrat. Alors cet été, l’équipe d’Exclusif est allée creuser le sujet…

S.R.


Sous les cailloux, l’histoire

tessons.jpg
Sur les chantiers de fouilles, on ressent vraiment la bonne ambiance qui règne. On a l’impression que les gens sont en osmose avec la nature environnante. Agenouillés en rangée ou en cercle, à l’aide de brosses, pinceaux, seaux, pelles, brouettes, ils grattent la terre puis rapportent leurs trouvailles dont seront ensuite appréciés le potentiel et la valeur archéologique. La découverte d’un objet de plus de 2000 ans est vraiment magique. Elle fait voyager à travers le temps, dans un passé lointain et un autre monde qui est le nôtre aussi, avec ses mêmes montagnes, ses rivières, ses rochers. On apprend beaucoup sur la présence des Gaulois et des Romains, et même de Vercingétorix et César, personnages illustres dans notre mémoire collective. Et on s’imagine plus facilement “de passage”, comme les nombreuses civilisations qui se sont succédé à travers les siècles.

En révélant ainsi l’Histoire, l’archéologie vient en complémentarité des textes d’archives. L’archéologue s’appuie sur des indices matériels pour mener son enquête, travail minutieux exigeant un sens de l’observation aigu et une démarche rigoureuse, scientifique.

Quand un objet est découvert, trois questions se posent : à quoi servait-il, comment a-t-il été fabriqué, et à quelle époque ? Après un nettoyage soigneux, il est conditionné et étudié par l’archéologue qui fait appel à de nombreux spécialistes : des amphores, de la céramique sigillée1, des ossements…

C’est avec beaucoup de précautions qu’on doit interpréter l’observation d’un objet. Ainsi, pour le dater, plusieurs méthodes sont utilisées : le carbone 142 bien sûr, mais l’époque peut être précisée grâce aux effigies figurant sur les monnaies, à la couleur ou la signature des céramiques trouvées à proximité… En fait, c’est la corrélation de plusieurs approches qui permet de donner une date au plus près de la réalité.

D’année en année, les objets s’accumulent, permettent de formuler des hypothèses et d’approcher une connaissance plus détaillée de la vie des Gaulois. Ainsi, à Corent, le plus ancien des trois oppida, on a pu reconstituer virtuellement un sanctuaire gaulois.

Matthieu Poux, archéologue responsable du site, explique que « d’impressionnants reliefs de repas collectifs ont été mis en évidence, et donnent lieu de penser que des banquets étaient pratiqués là ».

Cette découverte a incité les chercheurs à prospecter également alentour, et en deux ans on a trouvé les débris de plus de 30000 amphores. Des signes, qui sont les marques des fabricants, indiquent leur provenance, en majorité d’Italie. Ce site s’avère très riche, comme en témoigne la trouvaille exceptionnelle d’une paire de fibules en or (agrafes de vêtement, voir “L’archéo s’affiche”), ayant probablement appartenu à un haut dignitaire. De quoi changer l’image que nous avions d’eux : pas si rustiques que ça, les Gaulois !

M.L. & Cy.D.

1. Du latin sigillum (sceau) : désigne les céramiques décorées ou signées, et par extension les vases dont la pâte fine est, le plus souvent, rouge ou orangée.
2. Datation au carbone 14 : méthode de datation radiométrique basée sur la mesure de l’activité radiologique du carbone 14 contenu dans de la matière organique dont on souhaite connaître l’âge absolu, à savoir le temps écoulé depuis sa mort.

Date de création : 17/11/2007 @ 19:44
Dernière modification : 27/02/2008 @ 19:09
Page lue 2915 fois

Imprimer l'article Imprimer l'article


Contact
Association Exclusif
ou
Journal Exclusif :
3, rue de la Treille,
63000 Clermont-Ferrand
04 73 91 34 16
fax : 04 73 91 03 24

Courriel du journal
Courriel de l'association
Abonnement au journal
Version mobile
Recherche



Visites

 1044375 visiteurs

 2 visiteurs en ligne

Webmaster - Infos
Préférences

Se reconnecter
---

Votre nom (ou pseudo) :

Votre code secret


 Nombre de membres 14 membres


Connectés :

( personne )
^ Haut ^