Le travail social avec les sans papiers

Beaucoup de boulot, peu de moyens

S’occuper de personnes sans papiers est un travail très lourd : « Nous y passons des journées entières, car les situations ne sont pas simples, les difficultés énormes et nous disposons de peu de moyens » précise Marie, travailleuse sociale à Clermont-Ferrand. Le SAO (service d’accueil et d’orientation) est souvent la première porte à laquelle les familles sans papiers viennent frapper quand elles arrivent en France. Là elles sont accompagnées pour effectuer leurs premières démarches, aller déposer à la préfecture un dossier de demande d’asile. En attendant la réponse, on leur délivre un récépissé valable uniquement trois mois, mais renouvelable, qui leur permettra de séjourner sur le sol français dans une certaine tranquillité.

« La première barrière est la langue, poursuit Marie, la plupart ne parle pas ou peu le français. Il faut contacter un interprète du CLISMA en espérant qu’il soit là dans la journée, ce qui n’est pas toujours le cas. » L’urgence c’est aussi de trouver un endroit pour se loger, ce qui n’est pas une mince affaire. Il y a très peu de place dans les centres d’hébergement et la demande est croissante. Parfois les familles sont hébergées dans leur communauté d’origine, mais c’est souvent trop petit pour les accueillir avec leurs enfants. D’autres occupent des logements vides et insalubres dans le centre de Clermont, situation d’autant plus inconfortable qu’ils risquent de se retrouver un jour où l’autre à la rue. « Il arrive que le SAO finance pendant une semaine des nuitées à l’hôtel, souvent d’une qualité pas très extraordinaire. C’est mieux que rien… » explique Marie. Quand il y a des enfants, le Conseil général prend le relais au titre de l’aide sociale à l’enfance, qui fait partie de ses missions.

À tour de rôle, pendant six mois, chaque circonscription d’action médico-sociale de Clermont est d’astreinte pour recevoir les familles sans papiers. Leurs conditions de vie très difficiles, surtout pour les enfants, inquiètent les travailleurs sociaux qui ne peuvent pas les soutenir dans le cadre de leurs attributions : « Avec juste un récépissé, aucune aide légale n’est possible (RMI, allocations familiales…). De plus, la législation pour les étrangers change constamment, c’est difficile de tout maîtriser. On se débrouille comme on peut pour les aider mais on ne dispose que des moyens du bord, vite usés », dit Marie. Dans le cadre de la protection de l’enfance, seule une petite allocation mensuelle peut être versée ; pour les vêtements et la nourriture, on fait appel aux associations caritatives. Les familles de sans papiers s’aperçoivent qu’en France c’est assez dur, ce n’est pas l’eldorado comme elles l’imaginaient parfois. Certaines le comprennent très bien. D’autres s’énervent, elles pensaient tout trouver très vite, mais la situation professionnelle ici n’est pas aussi bonne qu’elles le croyaient quand elles ont quitté leur pays. Et cela arrive qu’elles repartent vers une autre destination, peut-être un autre département ou un autre pays, chercher une vie meilleure.

M. L.

Date de création : 17/11/2007 @ 17:50
Dernière modification : 27/02/2008 @ 19:07
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