Portrait : Paulette Missonnier

La tricoteuse aux mains nues

paulette.jpg
Laine, soie, angora, mohair, alpaga sont les matières que préfère Paulette Missonnier pour confectionner vêtements, couvertures, abat-jour… Sa technique élaborée au fil de vingt-cinq années d'expérimentation lui permet de faire des ouvrages réversibles et sans couture. « Je ne veux pas copier, surtout pas savoir ce qu'il se fait, ni me répéter. » À domicile, elle reçoit beaucoup de visiteurs dans son atelier-expo. « Mon public est plutôt jeune, même si parmi mes visiteurs il y a de tout ; mais les personnes âgées me prennent pour une “barge” ». Il faut dire que Paulette passe sept heures par jour à tricoter juste avec ses doigts…

Le point de départ : une chaînette (base de tout ouvrage au crochet) effectuée avec une voisine qui essayait de la mettre à l'ouvrage. Mais Paulette n'aime pas les outils car, dit-elle, « faut que je gratte, que je touche et pas que du bout des doigts », alors elle la réalise sans crochet. On le lui reproche, comme on lui a toujours reproché au sein de sa famille de ne rien savoir faire de ses dix doigts. « Malgré tout, j'ai changé ; grâce à mon travail qui m'a tout apporté, je ne suis plus l'introvertie que j'étais. C'est grâce aux gens que j'ai développé ma propre technique, ils m'y ont vraiment encouragée régulièrement », s'exclame-t-elle. Elle pratique aujourd'hui 70 points distincts qui donnent autant d'aspects différents à la finition de son travail.

Paulette expose sur les foires artisanales, jusqu'à 80 par an dont 3 ou 4 où on la paye pour venir. Elle fait des animations, en tant qu’intermittente du spectacle, dans un wagon du Cévenol où elle travaille tout au long de la ligne en conversant avec les passagers intéressés. Elle représente l'Auvergne pendant trois semaines dans le hall d'un grand hôtel parisien, où elle vend sa production de l’année… Télés, journaux, radios ou Guiness Book font souvent appel à elle, pour participer à un jeu ou parler de ses ouvrages ; et là, elle reste elle-même, la langue bien pendue. Son mari l'a toujours soutenue de loin, mais il s'étonne encore parfois de l'audace de son épouse. Auquel cas elle rétorque : « N'ont qu'à me laisser dans mon trou. »

« Aujourd'hui, avec mon statut d'artiste libre1, je gagne 3 à 5 € de l’heure, mais j'aime mieux gagner peu et faire ce dont j'ai envie. Je me fais plaisir et je rencontre des gens formidables. Il faut toujours croire en soi, et moi j'y ai toujours cru. »

S.D. & ClR

1. Travailleur indépendant produisant des pièces uniques.

- Contact : Villelongue 63230 Saint Ours les Roches tél. 04 73 79 25 30

Date de création : 26/05/2007 @ 18:32
Dernière modification : 06/11/2007 @ 17:09
Page lue 3174 fois

Imprimer l'article Imprimer l'article


Contact
Association Exclusif
ou
Journal Exclusif :
3, rue de la Treille,
63000 Clermont-Ferrand
04 73 91 34 16
fax : 04 73 91 03 24

Courriel du journal
Courriel de l'association
Abonnement au journal
Version mobile
Recherche



Visites

 1015554 visiteurs

 8 visiteurs en ligne

Webmaster - Infos
Préférences

Se reconnecter
---

Votre nom (ou pseudo) :

Votre code secret


 Nombre de membres 14 membres


Connectés :

( personne )
^ Haut ^