Aide à la personne et insertion : un bon ménage ?

Encouragés par la loi Borloo, les services à la personne se développent. Mais en devenant de “vrais” métiers, ne vont-ils pas disparaître du champ de l’insertion ?
« L’ANPE nous envoie ceux qu’on ne peut pas employer ailleurs ! » regrette Véronique André, directrice de l’association MV2, qui emploie 280 agents à domicile ou auxiliaires de vie sociale (95 % en CDI), pour des tâches qui vont du ménage à l’aide à la personne. « Chez les particuliers, nos salariés travaillent seuls. C’est délicat de mettre deux fragilités face à face : celle de la personne en insertion et celle de la personne dépendante. » D’ailleurs, les associations d’insertion proposent aujourd’hui plutôt du bricolage ou du jardinage, où le face-à-face est plus limité.

À l’APAMAR, autre association de 400 salariés (voir ci-dessous), on remarque que « souvent, les allocataires du RMI renoncent car on leur propose trop peu d’heures au départ ». Il faut, si possible, avoir une voiture pour se déplacer plus vite d’un domicile à un autre, car les temps de trajet ne sont pas rémunérés. Cette réalité préoccupe les syndicats : pour Frédéric Bochard (FO), « ces emplois, pour le moment, sont occupés par des personnes déjà en marge – ce qui augmente leur précarité -, ou qui ne souhaitent pas travailler à temps plein. » L’AFPA1 a bien mis en place une formation d’assistante de vie, et l’ISTRA2 une d’auxiliaire de vie sociale, mais à MV2, neuf postulantes sur dix n’ont toujours ni formation, ni expérience. Alors, à l’APAMAR, on forme en interne : 32 VAE3 en quatre ans.

Concurrence en vue…

Avec de nouvelles réductions d’impôt et la mise en place du CESU4 préfinancé, la loi Borloo pousse à élargir le champ des services à la personne, en visant les actifs : ménages avec enfants, parents salariés… Dans le Puy-de-Dôme, le CESU n’a pas eu beaucoup d’effet, les grosses entreprises ne l’ayant pas encore adopté… Mais ça devrait venir et, si l’on en croit le nombre de demandes d’agrément en préfecture, les structures associatives comme MV2 ou l’APAMAR, présentes depuis vingt ans, vont trouver la concurrence du secteur privé pour l’aide aux personnes dépendantes, comme avec l’ADHAP, ou pour les services plus “familiaux” (ménage, garde d’enfants, bricolage, jardinage, soutien scolaire, assistance informatique) avec Allo Multiservices et Famidom (travailleurs indépendants) ou O2, une franchise de réseau national…

Peu à peu, la loi change la donne : les offres se diversifient, jusqu’au “coach en diététique” à domicile ! De quoi donner le tournis aux syndicats qui, comme la CFDT (Confédération française démocratique du travail), planchent sur son organisation : définition des emplois et des branches, conventions collectives, etc. Anciennes ou récentes, les entreprises recrutent en permanence ; on aimerait parier que la concurrence profite aussi aux salariés, auxquels on demande d’être adroits de leurs mains, soucieux du caractère social de leur métier, diplômés, expérimentés… et si possible d’avoir le permis de conduire !

Cy.D. et C.D.

1. Association pour la formation professionnelle des adultes, tél. 04 73 28 74 00.
2. Institut de travail social région Auvergne, tél. 04 73 10 17 00.
3. Validation des acquis et de l'expérience.
4. Chèque emploi services universel.

Date de création : 23/05/2007 @ 14:47
Dernière modification : 06/11/2007 @ 17:07
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