Joëlle

Un jeu pas drôle…

Joëlle vit le jeu de son mari par procuration. Au début de leur rencontre, elle n’hésitait pas à lui donner de l’argent pour les courses de chevaux, répondant à son besoin de distraction. Après leur mariage, il trouve du travail et joue sa paye avec la croyance qu’un jour, il gagnera le gros lot. Face à cette situation très dure, Joëlle prend l’initiative d’une séparation. Cela lui permet aussi d’accéder à des aides – le RMI pour elle et son enfant – et ainsi de payer le loyer, l’électricité, le téléphone, la cantine, les activités extra-scolaires et l’habillement. Elle achète rarement du neuf, fréquente très peu les magasins, plutôt les puces, et s’oriente souvent vers les Restos du cœur, le Secours populaire…

Lui est parti à plusieurs reprises vivre chez des copains, mais il revient régulièrement et Joëlle le prend en charge… « Je n’ai pas le choix. Quand il hausse le ton, je cède, je protège le petit. Les jours où il ne veut pas sortir, je vais même jouer pour lui. » C’est encore elle qui effectue toutes ses démarches administratives : impôts, Assédic, etc. Lui ne s’occupe que du “course par course”, étudiant avec minutie les journaux pendant deux ou trois heures chaque soir : caractéristiques des chevaux, poids des jockeys… Il peut alors faire ses pronostics, va jouer avec ses amis, et c’est parfois en état d’ébriété qu’il réapparaît régulièrement. « Tout son salaire y passe ; il essaie de le cacher, mais je vois à sa tête quand il a perdu : il est en colère, il râle. » Il devient agressif, se montre parfois violent. Joëlle essaie au mieux de protéger son fils, se rebelle un peu mais cède souvent : « Je vis dans la peur. » Tout cela joue sur sa santé, mais elle reste cependant très active, faisant du bénévolat dans différents organismes : « J’adore aider mon prochain… et j’oublie un peu ce qui se passe chez moi. » Elle se sent dans une impasse : le poids du jeu, qu’elle nomme « maladie du jeu », conditionne la vie de cette famille.

Elle souhaite que le divorce soit prononcé afin de vivre seule avec son fils sans devoir subir les sautes d’humeur, les accès de violence et le manque de réalisme de son mari. Depuis quelques temps, elle a rompu le silence et s’est confiée à sa famille, après qu’il l’a frappée. Elle a réussi à porter plainte contre lui et compte sur la justice pour l’aider à reprendre sa liberté.

F. P

Date de création : 25/02/2007 @ 01:12
Dernière modification : 26/05/2007 @ 19:39
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