CASINO : rien ne va plus ?

Royat... Après la vérification des papiers d’identité à l’accueil, les pieds s’enfoncent dans une épaisse moquette foncée aux motifs peu discrets. De lourds rideaux rouges habillent les fenêtres, la lumière est artificielle, l’atmosphère feutrée. Une certaine idée du confort...

Des dizaines de machines à sous forment des allées dans la vaste pièce. Au centre dorment les tables de jeux traditionnels, désormais accessibles à tous mais uniquement en soirée. En milieu d’après-midi, 50 % des machines à sous sont occupées. De longs filets de fumée s’élèvent mollement de cigarettes qui semblent se consumer seules dans les cendriers, à côté de verres à moitié vides, de coupettes de champagne...
Les joueurs sont étonnamment calmes, pas de débordantes émotions. Le temps semble arrêté, impression renforcée par l’absence d’horloge et de toute ouverture… Un semblant de paix cependant troublé par les musiques s’échappant des machines, par leurs clignotements multicolores intempestifs et le tintinnabulement des pièces qui tombent… Un spectacle étourdissant, voire hypnotique. Difficile de résister ?

MOUVEMENT DE FOND

hakim.jpg La grève qui a touché tous les casinos de France le 31 décembre dernier a sans doute permis de repousser le projet du ministère de l’Intérieur de remplacement des machines traditionnelles par d’autres, entièrement électroniques, ce qui supprimerait à terme quelque 3 500 emplois en France. A Royat, trente personnes, soit la moitié du personnel, se sont associées au mouvement qui conteste encore le projet d’installation de lecteurs de cartes bancaires et de billets, la sous-traitance des contrôles aux entrées, et demande une augmentation de 5 % des salaires et l’instauration d’un treizième mois dans une profession « où la plupart des salariés sont au SMIC », comme le rappelle Hakim Khamallah, délégué syndical FO.

FEELING

« On voit des gens qui s’acharnent car ils pensent devenir millionnaires, indifférents aux tracts qui rappellent que le jeu doit rester… un amusement ! » Hakim mesure la part de “feeling” nécessaire pour aider les gens en difficulté dans un milieu où leur prise en charge n’est pas évidente. « On ne peut mettre un policier derrière chaque joueur », précise un fonctionnaire de la police des jeux qui n’imagine pas non plus, pour les personnes à faibles revenus, de lois, incitatives ou répressives, qui seraient nécessairement discriminatoires. « Il faut, à un moment donné, que les gens se prennent en charge », estime ce policier qui sait que son rôle social est nécessairement limité. Il dit l’impuissance d’une action efficace devant des jeux dévastateurs comme le Rapido, ou face à la dérive d’Internet, « difficile à juguler ».

SE FAIRE INTERDIRE

Chaque année, de 26 000 à 30 000 personnes se font interdire d’accès aux salles de jeux en France. Depuis novembre dernier, cette interdiction s’applique aussi aux machines à sous, avec un contrôle d’identité systématique à l’entrée des établissements de jeux qui disposent de fichiers régulièrement mis à jour.
Le joueur qui estime avoir besoin d’une autorité supérieure pour échapper à son addiction doit donc contacter le bureau des courses et jeux1 qui lui fera remplir un formulaire (disponible dans les casinos) et lui demandera quatre photos d’identité. Dès lors, il ne lui sera plus possible, durant trois ans, de pénétrer dans une salle sur tout le territoire national. Au-delà de ce délai imprescriptible, pour échapper à cette interdiction qui est reconduite tacitement, le joueur devra en faire la démarche directement auprès du ministère de l’Intérieur2 en joignant à sa demande une copie de sa pièce d’identité. Cette exclusion ne concerne ni les courses (PMU) ni les jeux de grattage (ouf !).
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FORMULE GAGNANTE

« “Le seul gagnant, c’est moi”, comme dit Partouche », dans une citation relayée par Hakim : le mot de la fin ?

M.B., S.D., F.P.

1. Renseignements généraux, 50 av. Marx Dormoy, 63000 Clermont-Ferrand, tél. 04 73 29 46 80
2. Ministère de l’Intérieur, DLPAJ, 11e bureau, place Beauvau, 75800 Paris

Date de création : 25/02/2007 @ 00:20
Dernière modification : 26/05/2007 @ 19:37
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