Les Français perdent-ils la boule ?


Les jeux d’argent existent depuis l’invention de l’argent, voire avant. On imagine en effet aisément Cromagnon jouant aux osselets avec ses compagnons le butin de leurs chasses. Plus sérieusement, le jeu en tant qu’industrie prend son essor au XIXe siècle, et sa vitesse de croisière à la fin du XXe.
Interdits sous Napoléon (qui préférait sans doute la roulette russe), les jeux d’argent se structurent autour des courses de chevaux à partir de la fin du xixe. L’année 1865 voit en effet l’invention de la mutualisation des paris, qui devient le pari mutuel sur l’hippodrome (PMH) en 1891. Le PMU (pari mutuel urbain) est créé plus tard, en 1930.
Le tiercé voit le jour en 1954, le quarté en 1976, le quinté + en 1989. Aujourd’hui, le PMU est organisé en groupement d’intérêt économique.
En Europe, la France tient la corde, et de loin, pour le nombre d’hippodromes.
Autre dada des Français, les casinos : ils ont droit de cité dans les stations thermales à partir de 1907. En 1986, les machines à sous y sont autorisées, ce qui relance fortement la fréquentation. En 2004, on dénombrait 188 casinos pour 64 millions d’entrées. De plus, Internet pourrait être un vecteur de développement important ; pour l’instant, c’est le stand-by car l’État ne permet pas de développer en ligne les jeux et paris. Le groupe Partouche, un des plus gros casinotiers français et propriétaire, notamment, du casino de Royat, estime ce marché à 12 milliards d’euros et fait pression. Mais la grande affaire, c’est le Loto. La Loterie nationale est créée en 1933 pour la bonne cause, une partie des bénéfices revenant aux associations d’anciens combattants. Le Loto, dans sa version moderne, naît en 1976. En 1991, il devient la Française des Jeux (FDJ), société d’économie mixte contrôlée à 72 % par l’État. Après les jeux de tirage, ceux de grattage et de pronostics sportifs : le Tac-o-tac, premier grattage, apparaît en 1983, le Loto sportif en 1985. La tentation est partout : la FDJ possède 40 000 points de ventes.

Chiffres d’affaires et… bonnes affaires de l’État


En 2004, trois Français sur cinq ont joué, dépensant globalement 34 milliards d’euros, soit 523 e par habitant. Résultat : la FDJ a réalisé un chiffre d’affaires de 8,55 milliards d’euros, les casinos 18,66, le PMU 7,56. En 2005, l’État leur a prélevé au total 5 milliards d’impôts et taxes, soit deux fois le budget de la Culture. Bingo ! Les Français ont doublé leur mise en 25 ans, y consacrant aujourd’hui 1 % de leur budget, plus qu’aux livres, journaux et périodiques : 6 millions de jeux à gratter achetés chaque jour, 2,5 millions de joueurs français chaque semaine à l’Euro Millions… On estime à 300 000 au moins les joueurs pathologiques, inspirant cette conclusion à un sociologue : « On ne peut pas tirer du pays des milliards d’euros sans que cela ait un coût social. » MaIs “cela” est une autre histoire…

O.M.

Vos chances de gagner…
au Quinté + : une sur 1 million
au Loto : une sur 14 millions
à l’Euro Millions : une sur... 76 millions
À voir : Jeux, hasard et dépendances, n° 50 du magazine Pièces à conviction de France 3 (2006)

Date de création : 25/02/2007 @ 00:10
Dernière modification : 26/05/2007 @ 19:37
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