UIMM de La Rochelle


Tremplin en bord de mer



Au cœur des Minimes, la zone adjacente au port de plaisance de La Rochelle, l'Unité d'insertion aux métiers de la mer (UIMM) propose un accueil de jour, hors les murs des foyers, à des jeunes aux parcours difficiles.

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Depuis janvier 2003, cette unité singulière, créée à l’initiative de la direction départementale de la PJJ et du Conseil général de Charente-Maritime, prend en charge de manière individualisée des jeunes volontaires de 16 à 21 ans exclus du système scolaire, venant de toute la France et suivis par la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ), l'administration pénitentiaire ou l'Aide Sociale à l'Enfance. Actuellement cinq, ils sont étroitement mais très souplement suivis par Christian Michoux, professeur technique et responsable de l’UIMM, et deux éducateurs, Jean-Yves Lerouge et Laurent Chamouard. Ceux-ci tentent d'effectuer un travail global d'insertion, en utilisant notamment le milieu maritime, au sens large, comme un média éducatif : sensibilisation à des métiers par des rencontres avec des professionnels, sorties en voile ou kayak, participation à des manifestations diverses, fabrication de demi-coques… Le but : « Établir une relation de confiance avec des jeunes en situation critique, dont personne ne veut plus. Nous essayons de les inscrire dans un projet à long terme et, chose difficile, de les pousser à avancer même hors des suivis éducatifs », précise Isabelle Godard, directrice du foyer PJJ auquel est rattachée l'unité. Les jeunes n'en ressortent pas avec une qualification professionnelle, mais parfois avec les moyens d'y accéder grâce à des stages en entreprise, et surtout des apprentissages de vie par des biais multiples : sport, préparation au code de la route, démarches d’orientation professionnelle, etc., ce qui leur permet d'intégrer ensuite, éventuellement, des dispositifs de droit commun. Pour Jean-Yves Lerouge, « l’UIMM est un tremplin, un catalyseur pour provoquer un déclic » grâce à une relation différente de celles qui existent au sein des foyers, souvent sur le mode de l’affrontement ou de l’évitement. « Le plus important », souligne Christian Michoux, « reste de leur montrer qu’ils peuvent atteindre un objectif personnel, et de leur donner des outils pour qu'ils puissent analyser leur parcours. »
L.P.

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Contact : UIMM, 5, rue de la Trinquette,
17000 La Rochelle. Tél. 05 46 28 19 13.


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Quelques heures avec J.



Vendredi matin, J., 17 ans, a rendez-vous pour un bilan hebdomadaire avec Christian et Jean-Yves. La réunion s’annonce sous de bons auspices. J. est plutôt bien dans sa peau en ce moment, après trois jours à la Mission locale où il a déterminé des pistes professionnelles : la vente, la sécurité, les métiers de la mer. Christian vante l’intérêt des stages pour confirmer cette envie, et Jean-Yves en propose un aux Phares et balises. J. revient sur ses expériences professionnelles. La discussion se poursuit à bâtons rompus. La confiance est palpable. Un planning s’ébauche pour la semaine : retirer des dossiers d’inscription au CIO en vue d’un bac pro, prendre contact avec les Phares et balises, rendez-vous à la Mission locale. Christian insiste : « Tu es dans une dynamique (...), tant que la torche brûle ! » Et Jean-Yves de conclure : « La semaine prochaine, on met tout ça au propre. »

Après un an d’arrêt, J. voudrait reprendre ses études. « Après mon BEP d’électro-technicien, j’ai travaillé un mois en tant qu’électricien et ça ne m’a pas plu. J’ai aussi travaillé dans les vignes, la maçonnerie… » En mars 2006, il entre à l’unité : « Les débuts ont été difficiles. Ensuite ça a avancé dans le bon sens. J’aime bien les activités organisées, sauf le sport. Je fais un peu ce que je veux. Recherche d’emploi, CV, démarches… Les consignes à la fin de la semaine, c’est un peu rude, mais c’est normal pour avancer. Je recommande l’unité aux autres jeunes. Il faut aimer et apprendre à écouter. »

J. est plein d’énergie, mais n’aime pas trop parler de ses problèmes. « Je préfère résoudre ceux des autres. J’ai toujours été protecteur. Mes problèmes à moi, je vois au fur et à mesure. J’avise en conséquence (...) Mon parcours, c’est un conflit permanent. Je fais des crises de nerf passagères. Bon, à un moment, c’était permanent car j’avais trop de problèmes, trop d’embrouilles. Alors je me réfugiais dans la drogue. Les joints, je n’en ai pas touché depuis un moment. Aujourd’hui, je préfère un bon cigare, un cubain. » Aujourd’hui, J. vit seul en appartement, fréquente l’unité avec plaisir et veut se diriger vers la vente. Dans la vie, il semble tenir le bon cap.

Depuis ce reportage, J. est retourné vivre dans sa famille ; les démarches entreprises avec l’unité sont donc en stand-by.

O.M.


La mer pour horizon



Jeudi, session sport dans un gymnase : au menu, badminton pour tous. Sont présents Jean-Yves, Laurent et deux jeunes, F., nouvel arrivé, et V.
V. a 18 ans. Bien bâti, de premier abord plutôt timide, il a intégré l'Unité depuis un an. Au mois de juillet, il a été placé en famille d'accueil. « Avant, j'étais en foyer. Laisse tomber. J'avais pas le droit de sortir. Maintenant, c'est mieux et c'est plus calme. » Sa présence à l'Unité a l'air de le ravir. « Depuis l'âge de six ans, je pense aux métiers de la mer. J'hésite pourtant encore entre la restauration et le métier de marin pêcheur. Demain, je sors toute la matinée en mer, et l'après-midi je rencontre le directeur de la cantine municipale. » Autant dire que ce vendredi sera déterminant. À l'Unité, on l'aide à faire ses choix : « Quand je veux discuter, je vais voir Christian », qui pour l'instant lui conseille sagement de rester calme et de prendre un peu de recul.
O.M.



Apprendre sur le tas



Chef d’une entreprise de vente de pneus, Gildas Dubois n’a aucune réticence à prendre en stage des jeunes de l’UIMM, contrairement à pas mal de patrons. Au-delà de l’avantage financier, « c’est bien de pouvoir aider quelqu’un à se remettre dans le droit chemin en le formant, en le responsabilisant », explique-t-il simplement. « Ces jeunes sont tout à fait capables de faire des choses, peut-être même mieux que d’autres car ils sont très motivés. »

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F., 18 ans, a donc entamé un stage en juin dernier : d'abord une semaine “pour voir”, puis 15 jours dans le vif du sujet – montage et entretien des pneus –, et il a transformé l’essai concluant comme stagiaire-employé (rémunéré) jusqu’à fin septembre : « J’ai appris sur le tas, ça m’a plu de faire un stage où l’on apprend des choses, où l’on ne reste pas assis à regarder les autres travailler. » Christian Michoux rappelle que « même sans objectif professionnel direct, tout stage a des intérêts transversaux : respecter les horaires, confirmer le sérieux dans le travail, bien se présenter »…
Et puis, épaulé par l’Unité, F. a su mettre à profit sa fin de stage, aménagée avec un mi-temps, pour se présenter au permis de conduire et s’orienter vers une formation de stratifieur1.

L.P.

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1. Le stratifieur réalise les pièces des bateaux par applications successives d’armatures et de résines.

Date de création : 03/12/2006 @ 22:21
Dernière modification : 25/02/2007 @ 18:52
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