Sylvie Bouyge


Un diplôme en deux ans



vaeisabouyge.jpgDepuis dix ans, Sylvie Bouyge se rend chez des personnes âgées afin de pallier leur manque d'autonomie. Fin 2003, elle obtient un emploi à temps partiel à l'association des services d'aides à la personne du Cantal. C'est un CDI, mais sans minimum d'heures garanti ; elle l'étoffe avec sa propre clientèle, qui la rémunère avec des CESU1. L'association, son principal employeur, propose alors à tous ses salariés la VAE pour l'obtention du diplôme d'État d'auxiliaire de vie sociale (DEAVS).

« À la même période, l'ANPE m'a présenté cette procédure et j'ai obtenu des informations à l'un des Points conseils », explique Sylvie, dès lors convaincue qu'elle remplit la condition principale pour démarrer une VAE : avoir 6 000 heures au compteur sur le terrain. « À l'association, nous sommes 500 femmes et un homme à faire de l'aide à domicile, seulement quatre personnes ont entamé une VAE : trois sont en cours et une a abandonné. »

L'association prend en charge le financement de sa VAE avec l'option accompagnement, et elle dispose d'un congé pour chacune des étapes. « Il y en a eu beaucoup : premier livret avec tous les justificatifs, jugé recevable par la DRASS, et, pour la constitution du deuxième, l'accompagnement au Centre de gérontologie d'Aurillac. La formatrice m'a beaucoup aidée dans le choix des exemples qui correspondent le mieux à chacun des 11 modules du diplôme, puis pour la rédaction (50 pages). Elle m'a aussi beaucoup encouragée. »

Réfléchir sur ses lacunes



Nouvelle étape fin 2004 : la candidate présente successivement chacun des modules devant un jury de trois membres, qui lui octroie une validation partielle : restent quatre modules à obtenir dans les cinq ans. L'association lui propose de continuer, finançant les deux formations et stages auxquels elle a droit chaque année et qui valideront chacune un module. Sylvie élargit ainsi son domaine de compétence à l'enfance et à l'ergonomie pour la mobilité des personnes. Les deux autres, elle les prépare seule et obtient le DEAVS fin 2005.

Aujourd'hui, elle fait le bilan : « Ça a été très bénéfique sur les plans personnel et professionnel. Ce long parcours m'a permis de réfléchir sur mes lacunes et mes acquis, ma façon de travailler, et j'ai pris conscience de la déontologie de ce métier. J'utilise tous les jours ce que j'ai appris en formation, notamment pour la mobilité des personnes handicapées physiques. Je pourrais désormais travailler en crèche ou en maison de retraite, mais avec les stages, j'ai compris que le travail à domicile me convient mieux. Le métier se professionnalise, devient moins précaire : on est moins considérées comme des femmes de ménage. » Sur le plan financier, la situation est plus confortable : l'association a recalculé nettement à la hausse son taux horaire, lui attribue plus d'heures et envisage de la mensualiser.

C.L.R


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1.Chèque emploi service universel : moyen de paiement créé en 2005 pour les services à la personne.

Date de création : 03/12/2006 @ 21:49
Dernière modification : 25/02/2007 @ 18:52
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