Jean-Sébastien Gascuel


Vingt-cinq ans après, un bilan positif



agrgascuel.jpg À la mort accidentelle de son beau-père en 1980, Jean-Sébastien Gascuel n'hésite pas. Avec sa femme Chantal, ils décident de reprendre l'exploitation située à Gerzat. En effet, sur quatre enfants, seule Chantal, qui a fait des études agricoles, se sent capable d'assumer cet héritage. Devant l'imbroglio juridique, le couple fonde un Groupement foncier agricole familial et contracte des emprunts pour racheter les parts des autres héritiers. Jean-Sébastien et Chantal sont confiants. « L'exploitation était viable, témoigne Jean-Sébastien. Mon beau-père avait connu la transition des années 1962-1968, qui a vu la Limagne se transformer complètement grâce au remembrement. Les nappes phréatiques ont baissé et les cultures céréalières ont remplacé les troupeaux de vaches. À suivi une décennie glorieuse, pendant laquelle le prix des céréales prenait 10 % par an. Dans les années 1970, on parlait des “trois M” : Maïs, Megève, Marrakech… »

Mais, à partir de 1985, la tendance s'inverse : les céréales perdent en moyenne jusqu’à 10 % par an. Les Gascuel, qui ont emprunté 1,2 million de francs1 sur 20 ans à un taux de 13,75 %, n'arrivent plus à s'en sortir. Ils commencent par vendre des parcelles pour honorer leurs emprunts. Cependant ils se rendent vite compte que cela ne fait que reculer l'échéance. Un ami, Marc Michel, conseiller juridique à la Chambre d’agriculture, leur conseille de déposer immédiatement le bilan, avant qu'il ne soit trop tard. Ce qu'ils font en 1990, et qui est rendu possible grâce à une loi récente sur les faillites agricoles. Un expert est alors nommé pour évaluer la viabilité de l'entreprise, et le couple obtient du Tribunal de grande instance la mise en place d'un plan de redressement sur 20 ans, avec remboursement à taux zéro. Leur banque, le Crédit agricole, “fait le nez” mais ne peut que s'incliner. Jean-Sébastien s'en souvient encore : « Pour plus de précautions, nous avons retiré progressivement tout notre argent du compte, et pendant quelques temps nous avons vécu uniquement avec la monnaie que nous avions sur la table. Nous avons passé des moments délicats. Mais le redémarrage a été facilité car nous avons eu deux récoltes sur la première année. Ensuite, de 1990 à 2005, nous n'avons fait aucun investissement. En 1996, nous avons créé une EARL2 pour que Chantal ait un statut clair d’agricultrice. »
La fin du plan de redressement, qui devait intervenir en 2011, a été ramenée à 2006, le couple ayant négocié avec la banque le remboursement de la totalité de sa dette. C'est la fin d'une histoire. Jean-Sébastien est tout sourire : « En 2005, on est passé à l'agriculture biologique. Pour nous, une nouvelle vie commence, avec de nouvelles pratiques. On se réinstalle. »
O.M. & S.D.

__________________
1. Pour ceux qui ont déjà oublié, ça fait 183 000 euros…
2. Exploitation agricole à responsabilité limitée.

Date de création : 03/12/2006 @ 18:55
Dernière modification : 25/02/2007 @ 18:47
Page lue 3085 fois

Imprimer l'article Imprimer l'article


Contact
Association Exclusif
ou
Journal Exclusif :
3, rue de la Treille,
63000 Clermont-Ferrand
04 73 91 34 16
fax : 04 73 91 03 24

Courriel du journal
Courriel de l'association
Abonnement au journal
Version mobile
Recherche



Visites

 1015554 visiteurs

 8 visiteurs en ligne

Webmaster - Infos
Préférences

Se reconnecter
---

Votre nom (ou pseudo) :

Votre code secret


 Nombre de membres 14 membres


Connectés :

( personne )
^ Haut ^