Torball : aveugles… mais pas manchots !

Inventé en Allemagne pour des blessés aux yeux de la Seconde Guerre mondiale, malvoyants mais en pleine force physique, le torball est une discipline peu connue. Importé en France dans les années 1970, il fait partie depuis 1984 de la dizaine d’activités handisports proposées dans le Puy-de-Dôme, qui compte un ancien entraîneur national. Entretien avec Bruno Pierrat.

Deux équipes de 3 joueurs, alternativement attaquants et défenseurs, s’affrontent sur un terrain de 16 m sur 7. Tous portent un masque occultant complètement la vision et protégeant les yeux ; pour jouer en compétition, il faut avoir une vision inférieure à 4/10e avec correction. Le but du jeu est d’envoyer le ballon dans la cage adverse, aussi large que le terrain. Le ballon sonore – rempli de grelots –, lancé à la main, doit passer sous trois ficelles centrales, tendues à 40 cm du sol et munies de clochettes. En défense, les joueurs à genoux sur des tapis-repères s’orientent au son ; ils plongent sur le côté, formant un mur l’empêchant d’entrer dans les cages. Un match se joue en deux fois cinq minutes de jeu effectif.
À Clermont, le torball a été introduit avec succès par leurs éducateurs auprès des jeunes du Centre de rééducation pour déficients visuels (CRDV), dès 1980. En témoignent les nombreux trophées exposés, dont quelques-uns de champions de France. Bruno Pierrat est l’actuel entraîneur des plus jeunes, en loisir, et des plus aguerris pour la compétition ; plusieurs ont été sélectionnés en équipe nationale, et lui-même en a été l’entraîneur. « Au début, nous pratiquions uniquement de manière ludique, car le torball permet d’une part de déceler d’éventuels problèmes psychomoteurs chez les jeunes, et d’autre part c’est un bon travail sur les repères spatio-temporels et la concentration. Après son entrée dans la fédération handisport, nous avons pu monter deux équipes de compétition, une masculine et une féminine. Actuellement, il y a environ 350 licenciés en France, avec des championnats fonctionnant par divisions, un peu comme au foot, une coupe d’Europe et un championnat mondial. Cependant le torball reste méconnu, notamment parce qu’il ne compte pas parmi les sports para-olympiques : il est développé dans trop peu de pays. » C’est pourtant l’un des rares sports collectifs ouverts aux malvoyants, créé pour eux et leur offrant une autonomie sur le terrain. « À l’entraînement je les guide à la voix, mais pendant les matchs ils restent totalement maîtres de leur jeu ; seuls les arbitres interviennent de l’extérieur. Cette appropriation de l’espace, qui nécessite de l’écoute et de la réactivité, permet une réelle libération musculaire, source de plaisir, et c’est plutôt spectaculaire. »

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Outre les valeurs positives de tout sport – sens de l’effort et du dépassement, acceptation de la défaite, respect de l’adversaire… –, Bruno souligne l’importance de l’aspect collectif pour les malvoyants : « Pour ces jeunes parfois isolés, le travail en équipe peut participer à un épanouissement personnel. » L’un des attraits du torball, qui semble récurrent chez les joueurs, est aussi d’être un sport de balle, proche du populaire foot des “valides”… Mais l’inverse est désormais possible : depuis 2005, chaque équipe en compétition peut intégrer une personne valide.
L.P.



Renseignements : CRDV, 30, rue Sainte-Rose, 63000 Clermont-Fd, tél. 04 73 31 80 00.

Date de création : 18/06/2006 @ 18:31
Dernière modification : 04/12/2006 @ 22:10
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