Drogues douces : l'avis de l'ADPAA
« Moi je bois mes canons, je fume mes deux paquets de clopes tous les jours, et qu'on ne vienne pas m'emmerder ! » Confronté à ce genre de réaction quand il organise des rencontres d'information, Joël Trioullier, éducateur spécialisé et animateur à l'association de prévention de l'alcoolisme et des addictions (ADPAA), ne demande qu'une chose : qu'on lui laisse une chance de faire passer son message. « Je ne suis là ni pour poser des interdits, ni pour faire la morale », précise-t-il, « mais pour livrer aux gens des informations objectives, pour instaurer un dialogue. Ce qui est délicat, c'est que tous les comportements addictifs mettent en jeu l'intimité des “usagers”, qui refusent toute emprise sur leur vie personnelle, ce que je comprends très bien. »
Dans sa fonction d'agent de prévention de santé, Joël Trioullier a une activité double : il reçoit des particuliers “demandeurs” à l'ADPAA, avenue Vercingétorix, et intervient sur des chantiers (ou des actions) d'insertion, sur la base d'une convention avec le Conseil général. « L'information n'est pas à sens unique ", insiste-t-il, " et les toxicomanes m'ont appris beaucoup de choses. » En effet, Joël Trioullier a une longue expérience sur le sujet puisqu'il a travaillé à l'ANAT (association pour la non-dépendance et l'autonomisation des toxicomanes) pendant douze ans. « Si le cannabis ne conduit pas automatiquement à la toxicomanie, presque tous les toxicomanes ont commencé par fumer un joint. La prise de cannabis n'est pas anodine, mais il est important, dans une société de plus en plus triste et uniforme, de ne pas diaboliser les choses, de ne pas multiplier les interdits. Si la consommation occasionnelle de ce genre de psychotrope ne pose pas de problème, en revanche, une consommation excessive ou une polyconsommation (alcool et cannabis en particulier) peuvent avoir des effets très précis chez les jeunes. Ils se manifestent par une certaine “aphasie” par rapport à l'école et l'entourage, par un manque de motivation, un affaiblissement du sens du réel. Le risque, c'est qu'avec le désœuvrement et pour assumer le quotidien, certains ne s'en satisfassent plus et aillent vers d'autres produits plus “durs”, qui finissent par les couper de la réalité de la vie et provoquent des bouleversements importants. (…) La surconsommation démontre un mal-être, ce que j'appelle un malaise de vie. C'est à cela que je suis particulièrement attentif, afin de repérer une consommation régulière immodérée, notamment chez les jeunes. Un vrai travail de psychothérapie peut alors s'avérer bénéfique, pour les aider à se réconcilier avec leur passé, avec eux-mêmes et avec les autres. »

Rappelons que d'après le scientifique nord-américain Aviel Goodman, « l'addiction est un processus par lequel un comportement, qui peut fonctionner à la fois pour produire du plaisir et pour soulager un malaise intérieur, se caractérise par l'échec répété de son contrôle et sa persistance, en dépit des conséquences négatives ».

Date de création : 26/11/2003 @ 15:44
Dernière modification : 30/01/2005 @ 21:26
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