Nabil Haddad

« Intégrez-vous », qu’ils disaient...



Il y a quatre ans, son BTS de commerce international en poche, Nabil Haddad se met activement à la recherche d’un emploi : tous les matins, il consulte les offres ANPE et envoie de nombreux CV et lettres de motivation, jusqu’à dix certains jours. Très vite, il s’aperçoit qu’on lui répond peu ou pas dans la région (son CV lui a même été retourné avec écrit “NON” sur un post-it).

Finalement, il trouve un poste de vendeur durant six mois à Paris, ce qui ne correspond pas à sa formation mais lui permet de faire ses preuves avec succès dans ce domaine. Par la suite, il ne trouve que de petits contrats, et toujours hors de la région. Pourtant ses qualifications en import-export sont appréciées ; d’ailleurs tous ses collègues de promotion ont été embauchés très rapidement, lui seul reste sur le carreau. Par deux fois, des cabinets de recrutement lui confirment qu’il correspond parfaitement au profil recherché, mais ne donnent plus de nouvelles une fois les candidatures remontées aux directions. « On ne me donnait jamais la chance ne serait-ce que d’un entretien dans la région. J’avais abandonné l’espoir de bosser dans un bureau ici, ou même comme vendeur, et je ne parle même pas d’un emploi de cadre… »

En parallèle, il essaye de trouver des formations, mais n’en trouve pas d’adaptées à son niveau bac +2 déjà assez spécialisé. « Il y a un décalage », constate-t-il, « car elles s’adressent principalement aux personnes de niveau bac ou moins, alors que ce standard de qualification a évolué maintenant, et peu de formations adéquates existent si l’on souhaite se professionnaliser après un BTS. » Bloqué dans une situation très inconfortable, Nabil Haddad ne veut pas parler de défaitisme, mais reconnaît qu’il n’attendait plus rien.

Savoir réagir au bon moment



Espièglerie du destin, c’est alors qu’il était en train de remplir un dossier pour postuler comme agent de sécurité (là, pas de discrimination quand on fait 100 kg pour 1,95 m) que Nabil est contacté en juillet dernier par Jean-Jacques Allais. Ce dernier lui propose un entretien, suite à sa candidature comme vendeur en téléphonie pour une boutique qu’il ouvre dans la galerie marchande d’Auchan Nord. « J’ai apprécié le parcours de Nabil et sa réactivité », précise-t-il, « son CV était sur mon bureau trois jours après la parution de l’annonce.

Notre entretien a confirmé sa motivation en plus de son expérience. C’est affligeant qu’il n’ait jamais eu aucune proposition concrète à cause de son nom ; pour ma part, il est tout à fait normal de l’avoir choisi au vu de ses compétences : il a tout compris au commerce. » Pas d’a priori pour Jean-Jacques Allais, qui a une vaste expérience dans ce domaine, juste le souhait de s’entourer au mieux et de travailler dans le respect des autres (employés et clients), « ce qui participe beaucoup à la réussite d’une affaire ».

Un mois après l’ouverture de la boutique, les chiffres sont bons et l’équipe a le sourire aux lèvres. Cependant, Nabil Haddad n’oublie pas que sans la chance de cette rencontre, il serait probablement obligé « de bosser deux fois plus que les personnes d’origine française, de toujours prouver des choses. On le sait tous, on l’accepte ou pas, et on le supporte plus ou moins longtemps »...

L.P.

Date de création : 25/01/2006 @ 20:44
Dernière modification : 06/04/2006 @ 20:54
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