Permis À 1 euro (par jour)

Un dispositif en rodage


Tout le monde en parle, mais le “permis à 1 euro”, qui permet aux 16-25 ans d’obtenir, pour payer leur auto-école, un prêt sans intérêts (ou “à taux zéro”) remboursable au rythme de 1 euro par jour, reste encore une énigme pour beaucoup. Exclusif tente d’y voir plus clair en présentant les quatre partenaires de cette opération.

L’État


Après deux mois de mise en pratique du dispositif, Jean-Michel Bérard, préfet du Puy-de-Dôme, rappelle ses objectifs : « Avec 700 000 permis de conduire délivrés chaque année, ce diplôme a le statut de n° 1. L’État souhaite l’ouvrir aux jeunes car il favorise leur intégration à la vie collective, particulièrement en zone rurale. » Limiter la conduite sans permis, améliorer la qualité générale de la formation avec une sensibilisation plus soutenue à la sécurité routière, et évaluer clairement le coût de la formation de chaque élève : tels sont les autres objectifs de cette campagne. L’État prend en charge les intérêts du prêt. Une version subventionnée verra le jour en janvier 2006, pour les jeunes en apprentissage ou en contrat Civis (renseignements auprès des CCAS et des missions locales).

Les banques


Le prêt à taux zéro ne paraît pas – on s’en doute – être une priorité dans le programme des banques, qui affirment avoir été peu sollicitées à ce sujet. Calculette en main, Nicolas Combemorel, directeur à Clermont de l’agence Préfecture de la Banque Populaire, constate : « Un prêt de 1 200 e sur 40 mois nous rapporte 60 e. Sur le plan commercial, les vrais bénéficiaires de cette opération sont les auto-écoles, dont les inscriptions anticipées par cette facilité de paiement vont augmenter, avec la garantie d’être payées tôt. C’est à elles de communiquer. »
Avant d’espérer obtenir ce prêt, il faut d’abord… ouvrir un compte pour pouvoir en formuler la demande. Les banques trouveront ainsi, parmi la descendance de leurs actuels clients, un renouvellement de clientèle… À cette “génération spontanée” de comptes – elle aussi anticipée – le directeur de la Société Générale confère des vertus pédagogiques : « Commencer à conduire, tout comme apprendre à gérer son argent, sont des moments importants de la vie, avec une prise de responsabilité. »

Les candidats


Ils signent une Charte d’engagement du jeune conducteur et s’engagent à terminer la formation au risque d’une amende pouvant aller jusqu’à 10 % du montant non consommé.
Sophie, à la recherche d’un emploi et résidant à Lempdes, a avancé la date de son inscription à l’école de conduite. Pour obtenir le prêt, elle est d’abord allée voir son futur banquier qui lui a préconisé une auto-école. Voilà une procédure à conseiller, puisque certaines banques ont déjà des accords avec des écoles de conduite et pourraient être réticentes à la co-signature du dossier d’un candidat engagé auprès d’une autre école. Mis à part le taux zéro, le prêt sollicité par Sophie est un prêt classique et, aussi modique soit la somme (de 600 à 1.200e), elle a dû, en l’absence de salaire, présenter une caution parentale.
Étudiante, Christine réside chez ses parents, également à Lempdes. Elle a effectué la démarche et s’interroge : « Je ne comprends pas pourquoi le prêt n’a pas pu être accordé au nom de mes parents. J’ai dû ouvrir un compte alors que je n’en avais pas besoin, qu’il n’y a rien dessus depuis un mois et demi, et que mon prêt n’a
toujours pas été accordé. » Sophie a plus de chance : « L’acceptation du prêt a pris à peine deux semaines à partir du dépôt du dossier complet à la banque. Mais rassembler tous les éléments a pris au moins autant de temps, car j’ai dû faire de nombreux allers-retours entre l’auto-école et la banque, comme si celle-ci déterminait la liste des pièces au fur et à mesure. » Si le préfet a souligné une volonté de simplifier les démarches pour le jeune, c’est en comptant sur un recadrage encore à venir.
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Les écoles de conduite


« L’opération a été lancée le 3 octobre dernier dans la précipitation, alors que personne n’était prêt, même pas les formulaires ! Pour l’instant, c’est un goulot d’étranglement, avec des candidats qui attendent depuis deux mois. Du coup notre planning s’est allégé. Il faudra trois mois pour que le dispositif soit opérationnel et six mois pour que notre activité reprenne son cours normal », constate M. Vinel, directeur de l’auto-école Saint-Éloi à Clermont. Dans l’ensemble, les auto-écoles affirment que si la procédure a paru très longue jusqu’ici, tout semble désormais prendre un rythme de croisière.
Sollicitée par un candidat emprunteur, l’auto-école établit un devis détaillé du coût total de la formation en effectuant une heure d’évaluation (payante et comptabilisable dans l’hypothétique prêt). Pour cette évaluation, M. Vinel utilise un outil qu’il a développé, selon lui très précis, avec godes tests de psychomotricité destinés à évaluer la vigilance, les temps de réaction, l’anxiété et le comportement en général. Le dossier est ensuite transmis à la banque, avec évidemment une disparité des situations entre candidats (motivations et garanties financières) mais aussi entre banques (rurales ou urbaines). Résultat : pour une auto-école, sur 25 dossiers remplis, deux prêts ont finalement été accordés au bout de deux mois, tandis que pour une autre, 17 dossiers sur 18 sont passés en seulement trois semaines.

C.L.R.




Liens utiles :
www.puy-de-dome.equipement.uv.fr/article.php3?id_article=83
www.securiteroutiere.gouv.fr

Date de création : 25/01/2006 @ 17:10
Dernière modification : 06/04/2006 @ 20:51
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