Infirmières scolaires
Quels souvenirs gardez-vous de l’infirmière de votre collège ? Vous rappelez-vous ces maux de tête, coliques et autres désagréments qui s’évanouissaient comme par magie dès lors que vous frappiez à la porte ? L’infirmerie servait parfois d’excuse afin d’éviter un cours insupportable, un professeur antipathique…
Derrière ces histoires se cache la « bobologie », soignée par les remèdes miracles de l’infirmière : de l’eau sucrée par exemple (ça reste entre nous !). « Mais cette expression ne reflète pas les malaises sérieux que les élèves dissimulent derrière un comportement anodin », explique Isabelle Peyrat, infirmière scolaire de l’Éducation nationale. Les petits bobos sont souvent un appel à l’aide déguisé. Il est nécessaire de bien écouter ce que ces enfants disent… ou ne disent pas.
D’ailleurs, l’image vieillotte de l’infirmière scolaire qui dispense quelques rares soins médicaux n’est plus d’actualité… Selon Anne Guette, infirmière municipale de Clermont Ferrand attachées aux écoles primaires, « le noyau dur de notre métier demeure l’écoute et la communication ». L’écoute sert à déceler des maladies physiques, des difficultés psychologiques, scolaires, sociales, familiales et représente une grande part de l’aspect préventif de ce métier : se charger à temps d’un problème afin d’éviter l’aggravation des situations. « L’infirmière met en relation tous les intervenants, ajoute Anne Guette : l’élève, sa famille, l’équipe pédagogique, les organismes d’aides… Nous réalisons un vrai travail d’équipe. » Cela dédramatise les relations bilatérales élève-professeur et enfant-famille. L’objectif est d’apporter une aide suffisamment flexible qui s’adapte aux situations les plus diverses. Par exemple, la mise en place par l’Éducation nationale du PAI (plan d’aide individualisé) permet de suivre et de soigner dans l’enceinte de l’école les élèves souffrant de maladies chroniques (diabète, allergies…).
Toutefois, une ombre obscurcit ce tableau idyllique : le manque d’argent. Le premier effet se traduit par la baisse des créations de postes. Il faut multiplier le nombre de postes mixtes (une infirmière gère plusieurs établissements), au détriment des postes fixes (une infirmière par établissement). L’infirmière scolaire “mixte” doit jongler avec les écoles et se déplacer continuellement. Pendant les temps d’absence, les établissements sont livrés à eux-mêmes pour dispenser les soins aux enfants. De plus, le suivi des élèves et la concertation avec les équipes pédagogiques deviennent très difficiles. Un autre point essentiel dans la bonne prise en charge des élèves concerne la formation continue des professionnels : « Les possibilités de se former se raréfient, faute d’argent » déplore Isabelle Peyrat. Malheureusement, les premiers touchés par ces mesures restrictives demeurent les élèves.
R.M.P.

Date de création : 26/11/2003 @ 15:35
Dernière modification : 30/01/2005 @ 21:23
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