Le pensionnat
Balade en Livradois, du côté de Saint-Amant-Roche-Savine, pour visiter le collège Alexandre-Vialatte. Outre sa capacité d’accueil à taille humaine (87 élèves de la 6e à la 3e), il a été structuré au fil des ans autour d’un axe fort : l’internat. Pour l’année scolaire 2002-2003, ils étaient 32, dont 8 filles, à vivre ici “en pension”, rentrant chez eux le vendredi soir.

Une réponse d’aujourd’hui
Hormis l’équipe de quatorze professeurs, le collège a bénéficié en 2003 de l’aide de quatre surveillants, deux aide-éducateurs et d’un veilleur de nuit. Il faut y ajouter trois personnes qui se partagent entre les collèges de Saint-Amant, Saint-Dier et Cunlhat : une conseillère principale d’éducation (CPE), une assistante sociale et une infirmière. Grâce au Réseau rural d’éducation, une convention entre ces trois établissements leur permet une mutualisation des moyens, et des échanges de projets entre enseignants. Saint-Amant et Saint-Dier représentent à eux deux un tiers des places d’internat dans les collèges du Puy-de-Dôme. Autrefois, la raison d’être de l’internat était essentiellement d’ordre géographique. Mais aujourd’hui, c’est un outil qui apporte des réponses face à des difficultés familiales, sociales ou simplement scolaires.

À chacun son tuteur

Grâce à un travail d’équipe soutenu et beaucoup de communication entre tous les intervenants au sein du collège, les internes ont une vie quotidienne aussi riche que possible. Comme le souligne le principal, M. Vivier, « internat ne veut pas dire coupure culturelle, même si on ne remplace pas la famille ».
Après le goûter, à 17 h 30, les internes sont répartis dans trois ou quatre salles d’études, l’une classique (entendez : silencieuse !), les autres où ils reçoivent un soutien particulier dans une matière ou pour leurs devoirs, et ce jusqu’à 18 h 45, heure du dîner. Après une récréation digestive, deux possibilités : soit les devoirs ne sont pas terminés, c’est alors le retour à la case étude jusqu’à 21 heures ; soit ils le sont et de nombreuses activités s’offrent aux jeunes : jeux de société, sport, multimédia… Car l’établissement a la particularité d’intégrer en ses murs un bâtiment public, la bibliothèque municipale, qui abrite le CDI1 du collège et une salle d’informatique. Les élèves y ont accès tous les soirs s’ils le désirent… et si les devoirs sont faits !
Les mercredis après-midi, grâce au Contrat éducatif local, un petit car vient chercher les élèves pour participer à des ateliers à Saint-Amant ou dans les villages environnants : arts plastiques, danse africaine, hip hop ou sports… Une soirée télé par semaine, deux excursions à la cabine téléphonique (les portables ne passent pas encore !), une séance de cinéma toutes les trois semaines, des cours de théâtre avec la Compagnie des Champs, une troupe professionnelle implantée à Viscomtat : ces petits plaisirs viennent compléter un emploi du temps où « la priorité reste les devoirs », souligne le principal, au cas où on ne l’aurait pas encore compris. L’encadrement des jeunes s’appuie aussi sur un système de tutorat original : en début d’année, chaque adolescent choisit “son” interlocuteur adulte parmi tout le personnel du collège. De la dame de cantine ou de ménage jusqu’au principal, chaque adulte quitte ainsi sa casquette officielle pour se mettre à l’écoute de l’élève lorsqu’il en a besoin.

Un bilan satisfaisant

« Certains élèves ont de grosses difficultés, et j’ai préféré bien les connaître avant d’en intégrer de nouveaux, malgré les nombreuses demandes, afin de stabiliser et de pérenniser le travail de mon prédécesseur. Je suis heureux de constater les progrès de certains en matière de santé ou de relations familiales. » Les résultats scolaires semblent s’améliorer dès lors qu’on répond au besoin énorme de présence autour de ces jeunes. Sur l’année écoulée, c’est à plus de trente-cinq projets qu’auront participé les élèves : spectacles, concours, visites… Les classes de 6e et 5e ont gagné un concours départemental de ramassage d’épaves automobiles ; et lors d’un casting, quatre élèves ont été retenus pour participer au tournage dans la région du film Les Choristes, de Christophe Barratier, avec Gérard Jugnot. À cette occasion, tous ont pu échanger avec des professionnels du cinéma, comme ils l’avaient fait avec un architecte venu parler de son métier. M. Vivier souhaite instaurer cette pratique de rencontre avec des professionnels pour que l’orientation devienne aux yeux des collégiens de Saint-Amant une notion plus concrète.
LJ

1. CDI : centre de documentation et d'information.

Portrait 1 : Aurélien
Aurélien a 13 ans et demi et vient d’Issoire. Ne faisant pas ses devoirs, ses résultats scolaires étaient mauvais. Ses parents avaient entendu parler du collège de Saint-Amant où il a été admis en classe de cinquième. Grâce à l’étude du soir, il a beaucoup mieux travaillé et de 7 sur 20 de moyenne il est arrivé à 13 sur 20. Il fréquente régulièrement le CDI pour ses ordinateurs et ses bandes dessinées, mais ce qu’il préfère c’est le sport. Le métier qu’il aimerait faire est celui de pompier, pour lequel il se forme déjà en suivant l’entraînement de jeune sapeur pompier à Brassac. Selon lui l’ambiance est bonne au collège : « Tout le monde se connaît car on est peu nombreux. Il y a bien “quelques cas”, mais dans l’ensemble ça se passe bien, on s’entend bien. »


Portrait 2 : Sarah
Sarah vient de Clermont-Fd, elle a 16 ans. L’orientation qu’elle souhaitait l’a obligée au redoublement de la troisième. Sur les conseils de la principale de son ancien collège, ses parents et elle sont venus visiter le collège de Saint-Amant où une année réussie lui assure d’ores et déjà une place en seconde – section théâtre – à Virlogeux pour la rentrée 2003. Cela fait 6 ans qu’elle suit des cours de théâtre. « Pas pour devenir actrice, mais pour l’aisance à l’oral nécessaire dans les métiers de la communication. » Elle participe à l’atelier d’arts plastiques avec des professionnels, le mercredi après-midi à St Amant. « L’internat n’est pas dur car on rentre tous les week-ends et c’est pas long, une année. En plus, il y a des sorties libres pour les plus de 15 ans, avec l’autorisation des parents, c’est pas le bagne ! » Le fait de n’être que huit filles sur 32 internes n’est pas un problème : « C’est mieux d’être peu nombreuses pour s’organiser (douches…). C’est plus intime et plus calme. » Quant à la qualité des repas servi à la cantine : « Ça dépend, la journée où les élèves avaient préparé un menu bio c’était très bon, mais le lendemain : hamburger-frites ! Sinon nous sommes servis à table, comme au restaurant et le petit déj’ est terrible ! Il y a tous les jours un supplément différent : céréales, jus de fruit, croissants… »

Date de création : 26/11/2003 @ 15:32
Dernière modification : 30/01/2005 @ 21:23
Page lue 4627 fois

Imprimer l'article Imprimer l'article


Contact
Association Exclusif
ou
Journal Exclusif :
3, rue de la Treille,
63000 Clermont-Ferrand
04 73 91 34 16
fax : 04 73 91 03 24

Courriel du journal
Courriel de l'association
Abonnement au journal
Version mobile
Recherche



Visites

 1024581 visiteurs

 2 visiteurs en ligne

Webmaster - Infos
Préférences

Se reconnecter
---

Votre nom (ou pseudo) :

Votre code secret


 Nombre de membres 14 membres


Connectés :

( personne )
^ Haut ^