Par manque de place, nous n’avions pu traiter des lieux de diffusions dans le dossier “la vie d’artiste” du précédent numéro ; voici donc un petit échantillon de viviers culturels locaux variés, tant dans les programmations et les publics touchés que dans les modes de fonctionnement et de financement.


Bief détour par Ambert


Domicilié dans une ancienne bonneterie restaurée du vieux centre-ville d'Ambert, le Bief est un centre culturel pluridisciplinaire mis en place par l'union de cinq communautés de communes pour permettre au plus grand nombre d'accéder à la culture. Dirigé par Lionel Zwenger, épaulé de Marie-Christine Jean, Le Bief accueille les artistes.

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C’est un lieu magique et spacieux, offrant beaucoup de possibilités aux expositions, notamment aux apprentis artistes de l’association d’insertion “Avenir”, basée à Saint-Amant-Roche-Savine. Le “ canal d'irrigation culturelle du territoire ” que représente le Bief a pour principe de ne pas considérer la culture comme un produit de consommation ordinaire, mais bien d'offrir une sensibilisation, une “médiation” et un lieu de diffusion pour la création artistique. Tous les publics sont concernés, en particulier les jeunes, le public amateur mais aussi et surtout le public en difficulté ; maillon vital puisque que toute personne déconnectée du tissu culturel l'est aussi du tissu social.

Lionel Zwenger explique : “ Dans une société comme la nôtre, il est très difficile d'obtenir des moyens pour des actions qui ne “font pas d'entrées”, même si ces actions sont un vecteur d'épanouissement indispensable ”.

Le recrutement des artistes n’est pas une chose aisée, et demande de fréquents déplacements. La mobilité et l’attention sont des règles d’or. La parité d’artistes connus est de l’ordre de 70 % pour 30 % de jeunes talents que le Bief veut mettre en lumière. Lionel Zwenger poursuit : “ Au Bief, pas de discrimination ni de favoritisme. Par contre, dès que nous repérons des artistes dans le coin, nous suivons ce qu’ils font. Faire venir un artiste implique une rémunération. ” Lionel Zwenger enchaîne : “ S’il s’agit d’un artiste seul, en général de statut intermittent, nous versons un “cachet” ; dans le cas d’un spectacle vivant (théâtre, musique, etc.), un contrat de cession est signé avec l’administrateur de la compagnie (souvent des associations) ; ce contrat intègre la prestation elle-même, plus les frais liés au transport, à l’hébergement et aux repas. Pour les peintres, c’est un peu différent, ce sont les plus mal lotis, et dans ce cas nous leur proposons soit de leur acheter des œuvres, ce qui nous permet d’alimenter notre artothèque, (où il est possible d'emprunter une œuvre pour l'accrocher “à la maison”) ; soit de prendre en charge la communication sous forme d’affiche, d’invitations ou de prise en charge financière d’un vernissage (seule possibilité pour les artistes qui ne font pas d’estampes). Nous leur proposons aussi parfois l’édition ou la coédition d’un catalogue d’exposition.

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“ Les exigences du centre ne sont pas pour autant oubliées. Il faut savoir accepter d'échouer, de mettre genou à terre pour pouvoir repartir, ne jamais abandonner.

“ Un artiste n'expose que s'il se sent véritablement prêt, sinon on attend, on approfondit. Les œuvres sont toujours mises en contact avec le public au même titre que les artistes invités. La “parole” est également donnée aux débutants, avec deux à cinq artistes de toutes disciplines et sous la forme de rencontres appelées les “Rendez-vous de la bonneterie”, un jeudi par mois, pour une prestation de courte durée. Ces rendez-vous contribuent à l'animation du quartier. D’autre part, les tarifs du Bief sont peu élevés : 11 e en plein tarif, 7 e en tarif réduit, 4 et 5 e pour le jeune public. Mais on ne rechigne pas à accepter un spectateur s’il n’a pas de sous. Nous n’avons pas la pression pour faire du chiffre. Ici, il n’y a pas de places réservées ! ”

Dans les territoires ruraux, lorsqu'il faut réduire les budgets c'est le plus souvent celui de la culture qui est sacrifié le premier. Alors que l'épanouissement selon Lionel Zwenger s'articule autour de trois éléments vitaux : la santé, l'éducation et la culture. Lionel Zwenger cite l’exemple d'un jeune en situation d'échec scolaire, qui, travaillant comme technicien intermittent du Bief sur le festival “Saint-Amant Rock ça vibre”, est devenu aujourd'hui “ le Mac Gyver de la lumière ”. Il peut suffire d'un déclic ou d'une découverte pour réussir et s'en sortir. Le domaine amateur de la création artistique peut parfois devenir professionnalisant.

C.C. & T.C.

- Contact : Le Bief, 53, avenue Foch, 63600 Ambert, tél. 04 73 82 16 59

Date de création : 27/07/2005 @ 19:03
Dernière modification : 26/01/2006 @ 19:15
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