L'écriture comme réponse
Patrick Da Silva, écrivain

L’écriture comme réponse


Patrick Da Silva, 49 ans, commence à écrire voilà quinze ans, mais il écrivait et lisait beaucoup déjà tout petit.
L’écriture est venue « à un moment particulier de ma vie, comme une des réponses possibles à ce moment-là, puis ça a pris un poids autonome ». Il publie d’abord un récit (Petite ronce) puis un texte poétique chez Cheyne, deux romans chez Fayard, un texte de théâtre1 chez Espace 34, et il a aussi collaboré avec des photographes et des détenus au livre Comme l’air.

Ses romans lui ont rapporté 1 200 € chacun : c’est peu pour un an de travail, mais « je sais depuis le début que je ne fais pas une littérature qui rapporte de l’argent ».


Patrick n’aspire pas du tout à vivre de son écriture, sur laquelle il ne veut pas faire peser l’aspect économique.
C’est pour cela qu’il a conservé son travail de documentaliste en milieu scolaire. Depuis trois ans il travaille à mi-temps pour prendre le temps d’écrire : « Ça s’est imposé dans la pratique, ça fonctionne bien comme ça. Le fait de vouloir vivre à tout prix de l’écriture, ça mène forcément à des compromissions : écrire “ce qui peut se vendre”, courir les “produits dérivés”… » Comme les résidences, ou les ateliers d’écriture : il en a animé en prison, et cette année au SUC2, « c’est très intéressant » mais il va bientôt arrêter car cela demande beaucoup d’énergie qu’il préfère utiliser pour écrire. Il vient de finir un roman mais il sait maintenant que même sans être édité, il continuerait à écrire.


Pour Patrick, l’important c’est les livres, pas les auteurs : « Si un éditeur publiait des bons textes anonymes, ça m’intéresserait. Tout ce qui fait exister quelqu’un comme auteur en dehors du moment où il écrit me paraît être une supercherie. C’est un peu différent pour le théâtre, où on voit l’aboutissement des choses sur la scène. » Mais pour lui, la littérature est devenue un produit : « Des tirages très nombreux, avec une durée
de vie très courte… Je suis persuadé que six bouquins sur dix ne devraient pas sortir – les miens y compris, peut-être ! Derrière tout ça, il y a un secteur économique qui assujettit ses opérateurs à ses lois, et produit entre autres choses de l’ordre social, avec la figure de l’écrivain rebelle, révolté… C’est une instrumentalisation de l’auteur, et cette dérive me paraît inquiétante. »

editeur.jpg
S.D. & D.C.


1. Monté par la compagnie Cazulhina Théâtre, éditions Quelque part sur terre.
2. Service Universités Culture.

Date de création : 03/04/2005 @ 16:16
Dernière modification : 17/12/2005 @ 19:32
Page lue 3084 fois

Imprimer l'article Imprimer l'article


Contact
Association Exclusif
ou
Journal Exclusif :
3, rue de la Treille,
63000 Clermont-Ferrand
04 73 91 34 16
fax : 04 73 91 03 24

Courriel du journal
Courriel de l'association
Abonnement au journal
Version mobile
Recherche



Visites

 1024001 visiteurs

 5 visiteurs en ligne

Webmaster - Infos
Préférences

Se reconnecter
---

Votre nom (ou pseudo) :

Votre code secret


 Nombre de membres 14 membres


Connectés :

( personne )
^ Haut ^