Léovélo L’insertion perd les pédales

Léovélo
L’insertion perd les pédales



Alors que le chantier du tramway, qui bat son plein, comporte un important volet “insertion”, notamment dans les quartiers nord de Clermont, une autre composante des transports publics clermontois, Léovélo, vient de perdre son label d’entreprise d’insertion.



Si l’appellation Léovélo est une exclusivité du syndicat mixte des transports en commun de l’agglomération clermontoise (SMTC), la SARL qui exploitait cette enseigne depuis bientôt trois ans vient de se faire “piquer la place” à la suite d’un nouvel appel d’offres.
C’est le géant du transport public Connex – 60 000 salariés dans le monde et 23 000 en France – qui a remporté le marché face à l’entreprise que dirigeait jusque-là Eva de Freitas et dont l’actionnaire principal était la société Éffia, également prestataire de services en transport public de voyageurs (750 salariés).



Bien que cette procédure de renouvellement soit tout à fait normale, Exclusif s’est interrogé sur un changement essentiel : jusqu’au 15 octobre dernier, en effet, la SARL Léovélo était une entreprise d’insertion (voir ci-dessous), mais ne l’est plus aujourd’hui…
“ Avec ce nouvel appel d’offres, nous avons changé de dimension ”, explique Patrick Ferri, chargé de mission SMTC, “ il ne s’agit plus seulement de faire fonctionner une agence de location de vélos(1), mais de gérer une “centrale de mobilité”. ” Car Léovélo nouvelle formule prendra en charge d’autres services parmi lesquels le transport des personnes à mobilité réduite (PMR), le transport à la demande et un système multimodal d’information pour les voyageurs. Selon Patrick Ferri, ce type de service, plus complexe, pourrait difficilement être géré par des personnes en insertion.



leovelo2.jpg



Nouveaux contrats de travail



Autre hypothèse pour expliquer le choix du SMTC : la politique d’insertion de la SARL Léovélo n’aurait-elle pas bien fonctionné ?
“ Pas du tout ”, répond Patrick Ferri, “ d’abord parce qu’elle a permis à beaucoup de personnes de remettre le pied à l’étrier, avec un taux d’absentéisme très bas et pas plus de ratages que dans n’importe quelle autre entreprise, ensuite parce que l’effectif complet a été réembauché par Connex en CDI ”.
Les sept ex-salariés en insertion embauchés par Connex sont ainsi passés de contrats “aidés” de six mois renouvelables à des contrats “de droit commun” également soutenus financièrement par l’État. Il s’agit, plus précisément, de CIE (contrat initiative-emploi) – avec tout ce que ce type de contrat comporte comme incertitudes : ils peuvent être signés sous forme de CDD de 12 à 24 mois(2) ou de CDI, et comporter un volet formation… ou pas.



Difficile de dire, au début de cette période de transition, comment vont évoluer les choses. En revanche, du côté des intervenants sociaux, l’incompréhension domine :
“ C’est un outil d’insertion qui disparaît ”, regrette Jean-Paul Déhon, qui était chargé de l’accompagnement des salariés de Léovélo ; “ une trentaine de personnes ont pu en bénéficier depuis 2000, alors pourquoi ne pas continuer ?
Il y avait chez Léovélo une vraie préoccupation quant au parcours des salariés, et une vraie démarche de formation, que ce soit sur l’euro, l’accueil, l’informatique ou le permis de conduire.
De plus, c’était une entreprise de services où le risque économique était limité, donc propice à l’insertion. Ce qui a sans doute manqué pour maintenir un tel dispositif, c’est une volonté politique. ”



T.C.



1. Léovélo dispose de deux agences, à la gare et place Renoux, et d’un bus itinérant où l’on peut louer vélos électriques ou VTC (service gratuit pour les abonnés T2C).
2. C’est cette durée de 24 mois qui a été conclue avec les salariés actuels




Précisions


Cet article sur Léovélo appelle des précisions supplémentaires.La mesure Contrat Initiative Emploi (CIE) a été créée par l’État. Dans le cadre d’une convention entre l’employeur et l’ANPE, l’État verse à l’employeur une aide forfaitaire (330 à 500 € par mois, selon les cas), plus des aides éventuelles à la formation des salariés et au tutorat organisé en leur faveur dans l’entreprise ; les charges patronales sont également allégées – tout cela pendant 24 mois au maximum. L’ANPE peut aussi, si besoin, faire bénéficier le salarié d’un accompagnement social en début de contrat.
Pour ce qui concerne la relation employeur-salarié, le CIE est un contrat de travail soit à durée indéterminée, soit à durée déterminée (de 12 à 24 mois). Dans le cas des salariés de Léovélo, leur “ré-embauche” par la société CFTI (Connex) a été faite dans le cadre de contrats de 24 mois, à un salaire inférieur à celui qu’ils touchaient lorsque Léovélo était une entreprise d’insertion, sans formation ni tutorat prévus à ce jour.

Date de création : 21/12/2004 @ 23:26
Dernière modification : 10/07/2005 @ 12:46
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