C’est marqué la poste… à la mairie

C’est marqué “la poste”… à la mairie


À St-Martin d’Ollières – 160 habitants dont 60 % de quinquagénaires et plus, dans le canton de Jumeaux –, il y avait autrefois une poste, une vraie : un facteur-receveur, une personne qui tenait le bureau pendant la tournée et une autre qui distribuait le courrier sur les nombreux hameaux alentour, soit presque deux emplois au total.


Au début des années 1990, « on m’a laissé entrevoir, en réunion départementale à La Poste, que ça allait fermer », se souvient Mme Germaine Bardy, qui est maire de Saint-Martin depuis 1988. La Poste propose alors soit d’installer un point Poste dans le commerce “multiple rural” de la commune, soit de créer une agence postale communale. « On penchait pour le point Poste, mais on a finalement choisi l’agence. »


Le principe de l’agence est le suivant : la commune fournit les locaux (ici, dans le même bâtiment qui abrite la mairie, l’école et la bibliothèque) et le personnel, qui doit être un agent titulaire de la commune (laquelle a donc titularisé une personne).
La Poste forme cette personne, dès lors capable d’effectuer toutes les opérations, dont les mandats et les retraits d’argent sans limite (à condition de prévenir). Ce n’est pas elle qui distribue le courrier, mais le bureau “de plein exercice” du Vernet-La Varenne.
« Pendant trois ans, la Poste verse un forfait d’environ 500 euros qui couvre à peu près le salaire du “postier communal” pendant le temps d’ouverture de l’agence, soit deux heures à deux heures trente par jour, six jours par semaine, explique Mme Bardy. On est actuellement dans la deuxième année… »


Mais au bout des trois ans, les 500 euros maigriront jusqu’à 77 : transposé en horaires, ça correspond à 23 minutes d’ouverture quotidienne…
« Et le reste reviendra à charge de la commune, ce qui est bien notre souci. Car nous n’avons pas d’autres recettes que la dotation de fonctionnement versée par l’État : pas d’entreprise, depuis la fermeture de l’atelier-relais de fromagerie et la disparition de ses cinq emplois, donc pas de taxe professionnelle.
Comment maintenir la présence postale sans l’aide de l’État ? » Saint-Martin fait partie de la communauté de communes Bassin minier montagne, du Parc Livradois-Forez, entre autres, mais ça ne multiplie pas les subventions…


« La Poste, ce n’est qu’une partie de notre souci d’abandon des campagnes ; nous, on ne peut que maintenir la qualité de la vie.
On sent qu’il y a un retour, que des gens s’installeraient bien ici, reprend Germaine Bardy, mais sans travail ni services publics – au moins l’école et la Poste –, il ne se passera rien.
Alors on va vers une désertification complète, dans ces zones de moyenne montagne où on n’a pas de neige à vendre, ni d’eau…
Si vous restez tranquille, sans bouger et inconnu, ça va ; mais si vous voulez apporter quelque chose dans la commune, c’est infernal ! »


D.C.


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Date de création : 21/12/2004 @ 23:15
Dernière modification : 10/07/2005 @ 12:45
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