Brèves santé

Vitale et… suspecte ?


La carte Vitale est la même pour tous les assurés sociaux, qui sont remboursés plus vite grâce à elle. Les patients CMU ne font pas l’avance de la consultation, qui est réglée au médecin dans le mois qui suit. C’est beau l’informatique, quand ça fonctionne bien… et que le médecin est équipé ; ce serait le cas de plus de 80 % des généralistes, un peu moins des spécialistes. La réforme en cours (voir ci-dessous) prévoit d’y inclure la photo du bénéficiaire, pour éviter les fraudes. Le Dr Turri est plus que sceptique : “ C’est censé permettre des économies, mais ça va d’abord coûter beaucoup d’argent pour être mis en place, sans compter celui nécessaire aux contrôles. C’est un peu la même chose pour le contrôle des arrêts de travail : les médecins de la sécurité sociale se transformeraient en policiers, face au malade et son médecin qui seraient de vilains dépensiers… Il n’est pas sûr que ça se réalise, pour des raisons techniques mais aussi éthiques. ”


Nouvelle carte vitale avec photo
vitale.jpg
Pour être sûr qu'on vous reconnaisse,
Photographiez-vous quand vous êtes malade !


Avez-vous donc une AME ?


L’aide médicale d’État (AME), une prise en charge complète accordée pour un an : c’est ce qui reste quand on n’a pas droit à la CMU. Elle est notamment utilisée pour des étrangers en situation irrégulière. Mais depuis l’été dernier, elle est soumise à un “délai de carence” de trois mois de présence en France – pour faire plaisir à certains députés en guerre contre le “tourisme médical”. Marjolaine Merle, assistante sociale, évoque des cas pas vraiment “touristiques”, comme ces familles arrivant de Tchétchénie dans un grave état de santé. “ Les enfants de moins de 6 ans peuvent être soignés par la Protection maternelle et infantile ; mais pour les adultes, comment leur dire de revenir dans trois mois ? ” Là encore, place à “l’énergie débrouillarde” des travailleurs sociaux, médecins, etc.


Réforme de la “sécu” : médecine à deux vitesses ?


Le ministre de la Santé, Philippe Douste-Blazy, a fait voter à l’automne une réforme qui fait beaucoup jaser, même si sa mise en place s’annonce laborieuse. Elle prévoit, outre la lutte contre les supposés gaspillages et fraudes à la santé (voir AME et Carte Vitale) de faire payer 1 euro par le patient à chaque consultation médicale, mais les bénéficiaires de la CMU en seraient dispensés. Autre disposition : l’obligation de consulter son médecin traitant avant d’aller voir un spécialiste, pour réduire le “nomadisme médical”. Le Dr Turri se dit “ pas opposé au principe du “généraliste orienteur”, qui a souvent une relation de confiance avec son patient ; mais il y a tellement de cas particuliers… Et il existe un risque d’effet pervers, si le généraliste veut “se couvrir” et oriente encore plus vers le spécialiste, pour éviter les problèmes ! Surtout, c’est un pas de plus vers une médecine à deux vitesses : on ira comme on veut chez le spécialiste si on a les moyens de se payer une assurance privée, sinon… ”


Date de création : 21/12/2004 @ 21:55
Dernière modification : 10/07/2005 @ 12:42
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