CMU : restez couvert !

La couverture maladie universelle, comment ça marche ? Qui y a droit, et qu’existe-t-il pour les autres ? Et quelles seront les conséquences de la réforme de la Sécu ? Le point avec les explications de professionnels concernés : Martine Trincard, responsable du service santé-solidarité à la caisse primaire d’assurance-maladie du Puy-de-Dôme, Marjolaine Merle, assistante sociale de circonscription du Conseil général, et le Dr Alain Turri, médecin généraliste à Royat.


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Dans le Puy-de-Dôme, plus de 28 000 personnes bénéficient de la couverture maladie universelle (CMU), mise en place le 1er janvier 2000 suite à la loi contre les exclusions de 1998. “ Les allocataires du RMI sont pleinement concernés, explique Martine Trincard (CPAM), mais d’autres personnes aux revenus modestes peuvent la demander.
Ce n’est pas un droit individuel : il s’applique à l’ensemble du foyer. ” Mais bien sûr une personne seule peut aussi constituer un foyer, à partir de 25 ans ou avant, dans des conditions particulières (un enfant à charge, par exemple). Toute personne résidant en France de façon stable et régulière (depuis au moins trois mois) peut bénéficier de la CMU si ses ressources ne dépassent pas un plafond annuel déterminé.
Concrètement, déduction faite d’un “forfait logement”, une personne seule avec moins de 527 euros par mois(1) peut demander la CMU ; les allocataires du RMI n’ont pas à justifier de leurs ressources, mais doivent déposer une demande, à renouveler chaque année. Les droits à la CMU démarrent dès le dépôt du dossier. Dans le Puy-de-Dôme, un dossier est généralement traité en trois semaines, la loi fixant un délai maximal de deux mois.


Une vraie avancée


Chacun s’accorde à reconnaître l’énorme progrès qu’a constitué la CMU. Pour le Dr Turri, “ le système précédent était très lourd, presque avilissant : les gens devaient aller chercher auprès des services sociaux un formulaire en quatre exemplaires pour chaque consultation… Imaginez une famille de trois enfants malades à tour de rôle ! ”
Comme l’explique Marjolaine Merle, assistante sociale, “ si on veut se soigner, on peut y parvenir avec des solutions plus pratiques qu’avant, c’est un grand progrès. Les gens n’ont pas à faire l’avance des frais, cela en présentant une carte Vitale, comme tout le monde, et dans toute la France. Les personnes trouvent ça très positif, même s’il reste des problèmes pour financer les appareils dentaires, les lunettes…
Auquel cas on se retrouve, somme toute, dans une situation proche de celle de “M. tout le monde” qui a une mauvaise mutuelle. ” Car la CMU comprend aussi une assurance complémentaire (la CMU-C), qui peut rester accessible aux personnes au-dessus du plafond de ressources (voir encadré ci-dessous).
“ Certaines évoluent entre le RMI et des emplois précaires : le fait que les droits CMU soient accordés pour un an leur évite de financer une complémentaire ”, poursuit Marjolaine Merle. Pour sa part, elle a “ un rôle de “passage” : j’oriente les gens vers la CPAM(2) pour retirer un dossier ; je peux les aider à le remplir si la situation est simple, sinon la CPAM le fait et je suis l’avancement du dossier. Et lorsqu’une personne sort du dispositif pour cause de ressources supplémentaires, certains recours sont possibles auprès de la CPAM. ”


Des patients comme les autres


Martine Trincard souligne l’effort de la CPAM “ pour aller au plus près des gens, les accueillir de façon rassurante, dans un échange direct où il est plus facile d’exposer ses problèmes, de dire, par exemple, qu’on n’a jamais eu de mutuelle, qu’on ne sait pas comment ça marche.
” Tous les agents des centres d’accueil CPAM du département sont formés dans ce sens. Cet effort porte ses fruits au moment du renouvellement annuel de la CMU, dont chaque bénéficiaire est averti par courrier.
À savoir : un médecin n’a pas le droit de refuser un patient affilié à la CMU(3), et ceux ayant le droit de pratiquer des dépassements d’honoraires ne doivent pas le faire dans ce cas.
Pour le Dr Turri, qui en a reçu un le jour de notre visite, mais une dizaine la veille, “ je ne vois vraiment pas pourquoi je les refuserais… Ce sont des malades comme les autres – c’est justement l’avantage de la CMU. ”
Et sont-ils traités comme les autres ?
“ Naturellement, mais ce n’est pas si simple ; on se trouve souvent devant des problèmes particuliers, notamment de transport. Et puis, bien sûr, restent les surcoûts pour les yeux, les dents, sans parler des appareillages auditifs ! Là, il faut rentrer dans de la “débrouillardise locale”… ” Mais c’est encore une autre histoire !


D.C. & G.M.


1. Chiffre valable depuis le 1er octobre 2004.
2. La CPAM peut adresser par la poste des formulaires qui doivent ensuite être déposés par les demandeurs. On peut également les déposer auprès d’un Centre communal d’action sociale (CCAS), d’un service social, d’une association agréée ou d’un établissement de santé.
3. Le serment d’Hippocrate les oblige à “respecter toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté, sans aucune discrimination selon leur état ou leurs convictions” et à “donner des soins à l'indigent et à quiconque les demandera”.


Date de création : 21/12/2004 @ 21:46
Dernière modification : 10/07/2005 @ 12:42
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