Retour vers le passé oublié

La vallée des rouets Retour vers le passé oublié


Dans le village de Château-Gaillard, à 4 km de Thiers, se trouve le départ d’une balade qui vous mènera dans les gorges de la Durolle, au milieu des vestiges d’une civilisation disparue.


Des chemins abrupts se faufilent le long des parois sombres jusqu’au lit de la Durolle, une rivière écumeuse qui peut développer des crues subites, comme en avertissent de nombreux panneaux signalétiques. De loin en loin, on aperçoit des constructions en pierre qui reçoivent l’eau de la rivière par de petits canaux. Des moulins à eaux ? Pas tout à fait. Il s’agit de rouets, c’est-à-dire de meules actionnées par de grandes roues à aubes, utilisées autrefois pour former les lames des couteaux. C'est la première étape de fabrication, appelée l'émouture, qui donne son tranchant aux lames.
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Le dernier émouleur, Georges Lyonnet, a pris sa retraite en 1976, et les gorges ont retrouvé la tranquillité. Il ne reste que des ruines et d’étranges mécanismes pour témoigner du passé industriel de la vallée de la Durolle.


Le site a été patiemment défriché par des bénévoles, conscient de la valeur de ce patrimoine, et la commune a aménagé deux circuits de promenade qui permettent de visiter les différents rouets et de rendre hommage aux travailleurs d’autrefois. Des visites guidées sont organisées en été, et permettent de visiter le rouet Lyonnet, aujourd’hui réhabilité.


“ La force motrice de la Durolle a de tout temps été exploitée par les hommes, car il y avait beaucoup de cascades faciles à aménager ”, explique un passionné d'histoire locale, rencontré à Thiers. “ Des actes démontrent qu’il y avait déjà des maillets à drap aux xie-xiie siècle. Au xiiie siècle, la baronnie de Thiers a été vendue aux comtes du Forez, et cela a peut-être été le moment du développement de la coutellerie. Au xve siècle Thiers avait une grande activité industrielle, très localisée, qui n’allait pas au-delà de Pont-de-Dore. Il n’y avait pas vraiment de classe ouvrière, tous les émouleurs étaient leurs propres patrons. On produisait dans les villages les pièces qui étaient assemblées à Thiers. Les rouets, c’était un peu l’usine, il y avait plusieurs ouvriers qui travaillaient ensemble. L’industrialisation a mis fin à cette époque. ”


La vallée des rouets est aussi un site grandiose à visiter, avec ses falaises sombres et ses arbres immenses qui se hissent vers le soleil. C’est un site particulièrement magnifique en automne, paraît-il, lorsque la vallée prend des couleurs d’or et de pourpre. En été, c’est un endroit idéal pour prendre le frais et s’adonner au plaisir de la pêche. Les pentes escarpées sont un peu dures à remonter, mais c’est un voyage dans le temps et l’espace qui vaut le détour.


En complément de la visite, vous pouvez vous plonger dans l'univers de la coutellerie au xixe siècle à travers le livre de Jean Anglade, Les Ventres jaunes.


G.T.
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Pratique : la vallée des rouets peut se visiter à partir de 12 h en complément du musée de la coutellerie ou indépendamment. Elle comprend 2 parcours balisés et une visite guidée du rouet Lyonnet (plein tarif 3,30 e, tarif réduit 1,55 e). En juillet-aout, il existe des navettes de bus entre Thiers et Château-Gaillard. Renseignements: Musée de la Coutellerie, 58, rue de la coutellerie, 63300 Thiers, tel 04 73 80 58 86 Site Internet : www.musee-coutellerie-thiers.com


Date de création : 27/06/2004 @ 15:56
Dernière modification : 17/11/2004 @ 20:44
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