L’important, c’est d’avoir “la niaque”

Michèle, monitrice-éducatrice
L’important, c’est d’avoir “la niaque”
“ A 40 ans, on peut faire encore plein de choses, et ça apporte un sens dans sa vie. ” Après deux années de formation, Michèle a réussi à obtenir un diplôme de monitrice-éducatrice. “ Au début, j’étais angoissée, j’avais peur d’être dépassée ; j’ai fourni un travail intense car je n’avais pas le droit de rater. Ce furent deux années très fortes, une expérience extraordinaire : à l’école avec des étudiants, à 40 ans ! ”
Michèle peut se féliciter car elle a démarré “ avec rien ”. Dès la 5e, elle est orientée “ par défaut ” vers un CAP d’employée de bureau : ses résultats scolaires ne sont pas suffisants pour poursuivre la voie classique. A 18 ans, elle se retrouve dans plein de petits boulots, et à cet âge-là elle est “ bien remontée contre la vie ”. Puis elle rencontre celui qui deviendra son mari, et avec lui bouge à travers la France : Orléans où elle fait une formation de trois ans de travailleuse familiale, Reims où elle exerce ce métier pendant trois ans. Puis, pendant une dizaine d’années, elle s’occupe de la gestion de l’entreprise de son mari, artisan charpentier, tout en élevant leurs deux enfants : “ super, c’est un cadeau qui vaut tout le reste ”. Malheureusement, l’entreprise dépose le bilan. “ J’ai pensé : “j’ai plein d’énergie, de choses à donner”, et j’ai remis les pieds dans le social. ” Elle contacte l’ADMF (2), fait des remplacements à Thiers, à la maternité, et à Cournon auprès de femmes en longue maladie. A ce moment, elle se rend compte que “ c’est évident pour moi de travailler avec des gens “hors normes”. ” Elle apprend alors que l’UFTS (1) forme des moniteurs-éducateurs et décide de s’y présenter, l’originalité de cette école étant de sélectionner les personnes par rapport à leur histoire et non à une quantité de diplômes. “ La formation permet d’aborder les choses avec des bases plus importantes. Et quand on connaît mieux, on se protège mieux aussi, parce qu’il ne faut pas se voiler la face : c’est un travail très exigeant. ”
Depuis six mois, Michèle a un CDI avec l’ADMF et travaille auprès de familles à problématiques diverses : fragilités, maladies mentales, addictions… “ C’est un métier de terrain, où l’expérience est très importante. J’interviens aussi auprès de jeunes, dans des missions locales ou des classes ; je leur dis que quand on y croit, qu’on a la “niaque”, on est capable de faire beaucoup de choses, même si on a à peine un niveau de 3e… ” Force, haute philosophie de la vie, de la maternité, énergie, passion, conviction, boulimie d’apprendre, échange et ouverture vers les autres : autant d’expressions qui reviennent dans la description de son parcours. “ Aujourd’hui, je suis particulièrement intéressée par les déficients mentaux, avec qui la relation est encore plus forte, intense et vraie. Je suis prête à entreprendre une nouvelle formation, pour continuer à progresser… ”


M. L.
(1). Unité de formation de travailleurs sociaux, 113 rue Fabre, 63270 Vic-le-Comte, tél. 04 73 69 99 00.
(2). Association départementale des mères et familles Puy-de-Dôme (aide à domicile, médiation familiale…), 22 bis impasse Bonnabaud, 63000, tél. 04 73 35 53 60.


Date de création : 28/04/2004 @ 20:23
Dernière modification : 25/09/2004 @ 18:58
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