Un patron pas cochon

Julien Brionnet est le jeune directeur du site de Mirabel, où l’entreprise des salaisons Polette, de Teilhède, lui a confié le lancement d’une nouvelle production de jambons secs. Les achats, la production à mettre au point et à développer, la recherche de clients, les ventes, l’expédition… Le patron ne fait pas les 35 heures. D’abord intéressé par le secteur médical, Julien, qui parle en souriant de son grand-père qui travaillait aux abattoirs de Clermont, s’oriente ensuite vers le secteur de la viande et des produits carnés, en faisant en deux ans un BTS en industrie agro-alimentaire, à Marmilhat. Il travaille d’abord sur les marchés de la région avec un charcutier – “ c’est toute une mentalité, une qualité de travail particulière ” –, puis chez Polette à partir de 2000.


“ Mon but, ce n’était pas de devenir directeur mais d’apprendre un métier, un savoir-faire très spécifique : la salaison. Donc j’ai étudié ce qui se passe en amont et en aval… ” Julien a mis au point une méthode de fabrication, ce qui va jusqu’à l’expédition du jambon “prêt à manger”, bien emballé pour donner envie au client – après avoir remis aux normes l’ancienne usine, “ qu’il a fallu nettoyer entièrement, c’était pas rien ! ”


Contacté par une conseillère d’ADEF +, il lui fait visiter la maison et lui expose son projet, qui implique d’embaucher “ des gens qui ont envie de travailler, et de s’investir. Ça peut être des gens qui ont été licenciés, ça prouve qu’ils ont déjà une expérience. La viande, c’est spécial, ça ne plaît pas à tout le monde et c’est normal : je sais ce que c’est, j’ai commencé en faisant des nœuds à des boyaux de saucisson. Au début je n’étais pas sûr de vouloir continuer ! Donc je leur dis qu’il ne faut pas qu’ils restent seulement pour la paye, et que l’intérim est un moyen de vérifier si ça leur plaît. L’ambiance, c’est aussi important que le reste : il faut une osmose, un équilibre entre celui qui fait les plannings de travail et ceux qui les effectuent. A part ça, il n’y a pas de sot métier ; l’objectif, c’est de ne pas faire la gueule quand on vient au boulot !


Pour moi, le travail n’est pas seulement une source de revenus mais une vertu, qui n’est pas assez reconnue aujourd’hui : se lever tous les matins pour y aller, c’est déjà une bonne chose, parce que ça n’est pas “naturel” ! Si je m’adresse à ADEF +, c’est parce qu’ils s’investissent, eux aussi. Ils viennent sur place pour voir comment ça se passe, ils ne veulent pas simplement “vendre des heures” d’intérim, mais faire embaucher des gens. ”


D. C.


Date de création : 28/04/2004 @ 20:19
Dernière modification : 25/09/2004 @ 18:57
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