Pourvu que ça dure... plus de six mois !

Jeune femme dynamique, mère de famille, expériences diverses (ménages, usines…) cherche n’importe quel emploi parce qu’elle arrive en fin de droits et qu’il faut pouvoir payer le logement qu’elle et son mari ont acheté… C’est comme ça que Joséphine arrive au CHU de Clermont, où elle décroche un contrat emploi solidarité (CES) de 6 mois, après quatre entretiens. Joséphine s’y trouve plutôt bien, s’entend avec tout le monde, et surtout elle a pu grouper ses 20 heures hebdomadaires de travail sur 3 jours, ce qui réduit le temps et les frais de transport. « Et ça permet de voir si ce genre de métier me plaît. D’un autre côté, ça ne fait qu’un demi-SMIC, avec peu de chance de me faire embaucher par la suite… » En principe, un CES ouvre droit à une formation ; mais Joséphine ne peut pas commencer celle qui l’intéresse avant la fin du contrat ; il faudrait alors qu’elle la paye de sa poche, ou bien qu’elle trouve un autre moyen de la financer. Il y a bien les Assedic, mais ça suppose qu’elle trouve elle-même un employeur prêt à l’embaucher en CDI après cette formation… rien que ça ! A part ça, Joséphine garde le moral, et ne s’appelle pas Joséphine parce qu’on ne sait jamais : si jamais elle a une chance de prolonger son CES, voire de se faire embaucher “pour de vrai”, « mieux vaut préserver l’avenir ».


Deux cents CES par an


Par ailleurs, un responsable syndical indique qu'il y aurait actuellement environ 120 CES au CHU de Clermont, et 87 emplois-jeunes. Si on y rajoute les stagiaires et autres emplois “instables”, on arriverait à plus de 15 % de précaires dans cet établissement qui est le deuxième employeur de l’agglomération. Un CES ne durant désormais que 6 mois, cela veut dire aussi qu’environ 200 personnes “défilent” chaque année pour tenir des postes de secrétariat, administration, transport, voire en laboratoire puisqu’un responsable syndical nous signale le cas d’un “assistant de recherche” employé en CES, payé 10 % au dessus du SMIC « et qui, avec un diplôme à bac + 5, faisait un travail proche de celui des chercheurs ». Par ailleurs, les emplois-jeunes seraient parfois affectés à des tâches importantes, comme la sécurité, « qui pourraient très bien être occupés par des salariés qualifiés. Un agent de service n’a pas le droit de faire manger un malade, mais un emploi-jeune le fait ! S’il y a un problème – une “fausse route”, lorsque la bouchée passe du mauvais côté –, qui sera responsable ? » Pour conclure, notre syndicaliste tient à expliquer un vrai problème de conscience : « C’est légitime qu’on cherche à aider toutes ces personnes lorsqu’elles souhaitent être titularisées. Or elles ne peuvent pas passer les concours internes à l’hôpital, puisque justement elles ne font pas partie des personnels hospitaliers. Donc, pour les intégrer, il faudrait soit “casser” le statut de ces personnels, soit truquer les concours externes – en clair, les pistonner ! Pas possible… »


DC


Le serpent monétaire fait son marché (du travail)


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- Vous avez des produits frais ?
- Désolé, on n'a pas été livrés, revenez à la prochaine génération...


Date de création : 28/04/2004 @ 18:54
Dernière modification : 25/09/2004 @ 18:49
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