Dix métiers en dix ans, pour rien…

Céline, 29 ans, a déjà une longue carrière derrière elle. Mais là où d’autres pourraient jouer de leur expérience pour obtenir un meilleur salaire, celle de Céline, constituée d’un florilège de “petits boulots”, ne se prête guère à la reconnaissance des employeurs.
A 18 ans, Céline obtient un CAP en Vente-Action marchande. Elle veut poursuivre sa spécialisation par un contrat de qualification, mais son organisme de formation juge que l’employeur qu’elle a trouvé ne correspond pas suffisamment à la spécialité enseignée ; le centre de formation rompt le contrat sans laisser le temps à Céline de contacter une nouvelle entreprise. Résultat, à 18 ans elle pointe au chômage, sans percevoir d’indemnités. Ses recherches d’emploi dans le domaine de la vente demeurant infructueuses, Céline étend ses horizons vers l’hôtellerie et la restauration, « les rares domaines qui embauchent encore les personnes sans expérience ».
Mais à quel prix ! Céline obtient un CES en restauration. Elle travaille deux ans sans cotiser pour la retraite. Elle part ensuite six mois à Bordeaux pour travailler soixante dix heures par semaine dans une brasserie (dont vingt heures déclarées), faire “la plonge” à l’eau froide, servir en salle, tenir le bar… pour 5 000 francs mensuels.
Après cela, Céline multiplie les petits boulots “payés au lance-pierres” : manutention, serveuse libre-service, nettoyage industriel, mise en rayon… « Mais dans ces boulots dits “polyvalents”, où les employés jouent au yo-yo continuellement, il n’y a aucune reconnaissance et aucune possibilité d’évoluer. Il est impossible d’avoir une vie de famille étant donné les horaires décalés. Si on ajoute à cela la fatigue et les problèmes de santé, les tensions finissent par détruire n'importe quel couple », confie Céline avec regret.
Aujourd’hui, à 29 ans, elle suit des cours par correspondance avec le CNED (1) pour passer le bac et s’orienter vers le design industriel. Elle veut un métier bien payé, avec des horaires comme tout le monde, où l’on reconnaît le travail effectué, et s’accroche à cet objectif même si une conseillère ANPE lui a dit que c’était irréaliste. « Au bout de dix ans, j’ai zéro. Je n’ai pas de métier, je ne suis plus en couple, je n’ai pas d’enfant et je suis de retour chez ma mère. Pour moi, même si c’est dur, reprendre les études est une deuxième chance ».


RMP
(1) : CNED : centre national d’enseignement à distance.


Date de création : 28/04/2004 @ 18:38
Dernière modification : 25/09/2004 @ 18:39
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