Travail social : faire la part des choses

Souriante mais un peu mal à l'aise, Mme S., à la retraite d'ici deux ans, accepte de parler de son métier et de son parcours personnel d'assistante sociale. Il n'est pas facile de parler de soi quand depuis presque quarante ans ce sont les autres qu'on écoute...


Le métier d'assistante sociale est apparu après la deuxième guerre mondiale pour aider la population a surmonter les multiples privations et destructions engendrées par le conflit. Et si à l'origine il fallait être obligatoirement infirmière, la profession n'a pas cessé d'évoluer pour devenir une carrière à part entière, nécessitant trois ans d'études après le baccalauréat, sanctionnées par un diplôme d'état. C'est au début des années soixante que Mme S. obtient son diplôme après avoir intégré l'école d'assistante sociale suite à un entretien.
Aujourd'hui, il faut passer un concours après le Bac et des bourses peuvent permettre de survivre pendant les trois ans d'études. « J'ai commencé ma carrière dans une entreprise privée, puis j'ai saisi l'opportunité de changer d'employeur (1). Cela fait maintenant vingt-neuf ans que je travaille dans un centre hospitalier privé. J'aime le contact humain, les relations avec les malades et leur famille, et le travail en réseau avec les autres professionnels.».
Si elle apprécie l'absence de routine due à l'évolution permanente de la société, elle regrette néanmoins le surplus de contraintes administratives, autant de "temps pris en paperasses sur le reste".
« Ce métier consiste à informer les gens sur leurs droits et à les aider à percevoir des prestations. Il faut se tenir au courant afin de les orienter en fonction de leurs souhaits et de leurs besoins. Mais notre action est limitée par les prestations que les pouvoirs publics mettent en place, on ne peut malheureusement pas résoudre tous les problèmes. Les échanges entre travailleurs sociaux et des congrès permettent de mettre en lumière des carences ou des actions positives. Avec l'expérience, on fait la part des choses, on apprend à garder une distance, à rester neutre. Nous sommes des êtres humains, donc sensibles, mais on ne peut pas se mettre dans la peau de tout le monde. Il faut apprendre à ne pas se projeter sur l'autre, être à l'écoute mais savoir se préserver.» .


L.J.
(1) Employeurs publics : Conseils généraux, mairies, CCAS, hôpitaux... ou privés : entreprises, cliniques...


Date de création : 28/04/2004 @ 18:00
Dernière modification : 25/09/2004 @ 18:28
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