Association La Passerelle, Thiers

Humanisme et efficacité


Si une passerelle, selon Robert, est « un pont étroit, réservé aux piétons », l’association thiernoise qui a choisi ce nom cultive plutôt l’esprit d’ouverture et accueille « toutes les personnes rencontrant des difficultés sociales et professionnelles ».


Créée en 1988 par des bénévoles presque en même temps que naissait le RMI, l’association Passerelle revendique son qualificatif d’intermédiaire et affiche sa volonté d’ouvrir à tous l’accès à un « emploi commun » – à l’opposé de la précarité. Elle est aujourd’hui forte de trois salariées en CDI et s’est doublée depuis trois ans d’une entreprise de travail temporaire d’insertion (ETTI) nommée Passerelle Plus, en partie subventionnée par la direction départementale du Travail (DDTEFP) et le Conseil général. Pour Isabelle Briaire, directrice1, les personnes accueillies sont « toutes celles que les autres ne veulent pas, qui ne rentrent pas dans les cases » : pas de qualification, pas de permis de conduire ni de véhicule (un gros handicap à Thiers), des parcours “accidentés” par le chômage, le divorce, la pauvreté… « L’absence d’expérience professionnelle n’est pourtant pas une barrière », affirme Isabelle, qui a elle-même connu quatre années de chômage avant d’être embauchée par Passerelle : « Ce qui est essentiel, c’est la motivation. »


Depuis le début de l’année 2003, l’association a ainsi reçu plus de 250 personnes, et elle parvient à placer chaque mois une cinquantaine de salariés auprès de ses 200 “clients” – particuliers, entreprises, collectivités et associations, dans des secteurs d’activité très variés. Au préalable, chaque demandeur prend rendez-vous pour un “entretien d’embauche” qui se déroulera dans les locaux de Passerelle avec la directrice afin de constituer un dossier avec un volet spécial pour l’agrément ANPE, sorte d’autorisation de mise à disposition auprès des entreprises du demandeur selon sa situation. Ensuite, dès que compétences des demandeurs et besoins des clients sont en adéquation, un contrat est signé entre l’association, le salarié et l’employeur. Mais ce n’est qu’un premier pas sur la passerelle. En effet, la loi limite ces contrats à 240 heures par personne et par an en entreprise (dans le secteur non-marchand, ce plafond est de 750 heures), et l’ANPE ne délivre qu’un agrément de deux ans non renouvelable. « Nous nous battons contre ces quotas inadaptés à nos bénéficiaires quand on sait qu’une période d’essai classique peut aller jusqu’à 300 heures », proteste Isabelle ; « il faudrait savoir si on veut vraiment aider les gens ou pas. Quand ils doivent retourner à la case départ après deux ans, surtout dans le bassin de Thiers qui a encore perdu 800 emplois cet été, c’est vraiment dur. » Malgré ce contexte, Passerelle affiche tout de même un “taux de réinsertion” de 25 % par an.


T. C.


1. Secondée par Claudine Merre, agent administratif et comptable, et Séverine Monteiro, chargée de l’accueil.


Contact : Passerelle, 7, rue Fernand-Forest, 63300 Thiers, tél. 04 73 80 18 62, courriel : passerelle.plus@wanadoo.fr


Date de création : 01/02/2004 @ 18:28
Dernière modification : 30/01/2005 @ 21:41
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