« Donner des réponses les plus humaines possible »

Trois questions à René Baptistini, directeur de l’ANEF


« Donner des réponses les plus humaines possible »


Où en est le Puy-de-Dôme en matière de logement d’urgence ?


Les réponses aux besoins de logements d’urgence et temporaires sont très en dessous de la moyenne nationale. Pendant longtemps notre département était difficile d’accès et comptait peu d’habitants, mais depuis une dizaine d’années, l’exode rural et la précarisation ont provoqué un afflux de population en ville. La demande de logements HLM est supérieure à l’offre, et leur taux de libération est quasi nul : les personnes restent. Ajoutez à cela que depuis trois ans, on constate une augmentation de l’immigration en Auvergne.


Nous avons toujours essayé de donner des réponses les plus humaines possible, car il n’est pas question de laisser des gens dehors. Mais ce souci humaniste a son revers : la saturation de certaines régions et de grandes métropoles laisse un grand nombre de personnes en difficulté, voire sans solution. Cela provoque chez nous un transfert de population dont des demandeurs d’asile, sans droit au travail et sans ressources pendant les deux ans que peut nécessiter le traitement de leurs dossiers.


Qu’en est-il de l’accès des personnes en difficulté au logement “normal” ?


Les APL ont diminué, elles ne couvrent plus le coût des loyers. Les organismes HLM, contrairement au privé, ne cherchent pas à “faire du fric”, mais ils ont des impératifs de gestion, alors que la participation de l’État diminue. D’où une sélection par l’argent : le RMI, parfois, ne suffit plus pour accéder aux HLM. Les gens finissent donc par accepter des logements du parc privé de mauvaise qualité, voire insalubres.


En matière de rénovation, les aides de l’ANAH (voir ci-contre) ont beaucoup baissé. Certains propriétaires préfèrent garder des logements vides et dégradés plutôt que de risquer une location à un public à faibles revenus. Heureusement, les mesures d’accompagnement pour le logement (voir l’article FSL, page 6) portent leurs fruits : les propriétaires sont moins frileux. Mais il y a souvent un manque de volonté politique pour résoudre ces problèmes. Face à une catastrophe naturelle, on réagit individuellement, mais une catastrophe sociale, ça se prévoit, ça se gère.


L’hiver arrive, donc la télé va s’intéresser aux “sans-abris”. Qu’est-ce que cela vous inspire ?


Il est inadmissible de parler de “sans-abri” : un être humain ne s’abrite pas comme les animaux, il habite. Or c’est difficile d’habiter ; certains ont vécu trop longtemps dans la rue et ils ont perdu tout repère – le travail peut en être un, mais il y en a de moins en moins. Chacun, s’il en a envie, peut trouver des possibilités de changement, mais ce n’est ni facile ni magique. Il faut être prêt à accepter des contraintes de vie avec l’autre, des voisins, une hygiène de vie, un rythme… Car dans ce cas, habiter, ce n’est pas seulement avoir un toit, c’est aussi apprendre à gérer la solitude.


Propos recueillis par L.J. & M.L.


Date de création : 01/02/2004 @ 18:04
Dernière modification : 30/01/2005 @ 21:37
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