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Depuis le 1er juin, le Revenu de solidarité active est une réalité : il remplace les anciens minima sociaux qu’étaient le RMI et l’API (allocation pour parent isolé). Il doit aussi bénéficier à des personnes dites “travailleurs pauvres” pouvant percevoir cette allocation complémentaire à leurs revenus du travail. Les rédacteurs d’Exclusif – chacun ayant rencontré son travailleur social pour se renseigner sur sa nouvelle situation – ont pu s’apercevoir que le dispositif est encore loin d’être calé. Il faudra du temps pour appliquer, évaluer et préciser les changements apportés par le RSA, tant les cas individuels sont multiples et variés parmi les trois millions de foyers français susceptibles d’en bénéficier.

Les personnels des différents organismes concernés (Conseil général, Caisse d’allocations familiales, Centres communaux d’action sociale, Pôle emploi…) s’efforcent ensemble de réduire au maximum les embarras occasionnés par une réforme complexe, qui bouleverse profondément la plupart de leurs outils et leurs procédures de travail. Mais le décret d’application – le véritable texte qui régit concrètement la mise en œuvre de la loi – n’a été publié que le 15 avril dernier… Gérer un tel changement en deux mois, c’est à peu près “mission impossible”, même avec toutes les heures sup’ qu’ils effectuent depuis avril. Il n’est donc pas surprenant que de nombreuses questions restent en suspens et que des inquiétudes apparaissent chez les usagers du RSA, et les témoignages évoqués ci-dessus en sont le reflet : on peut les consulter sur le site Internet d’Exclusif. Ci-dessous, notre revue de presse fait écho à quelques points de vue de la presse nationale sur le sujet, sur lequel Exclusif reviendra évidemment dans ses prochaines éditions.

Revue de presse de
Solidarité
Active

Le 6 juillet, Le Monde annonce les premiers versements : « Sur les 1,3 million de “RSAistes”, comme les appelle (…) Martin Hirsch, 1,1 sont d’anciens titulaires du RMI et de l’API et environ 185 000 sont des “travailleurs modestes” (…) À terme, 3,1 millions de foyers devraient percevoir le RSA qui permettra à 700 000 personnes de passer au-dessus du seuil de pauvreté (880 euros). Aujourd’hui, environ 7,9 millions de personnes sont au-dessous de ce seuil. ». Un dispositif jeune (16-25 ans) est annoncé.

Le Progrès relate la résistance de plusieurs villes dont les centres communaux d’action sociale (CCAS) ont pour consigne de ne pas instruire les dossiers RSA. Si Lyon est pour cette réforme, elle réclame au département du Rhône 15 euros par dossier traité. La maire de Vénissieux, en revanche, est contre le RSA : « Je ne me bats pas pour que les gens gagnent 100 ou 200 euros de plus par mois ; je me bats pour que les gens aient un travail à temps complet, rémunéré correctement, avec des horaires adaptés. Le RSA c’est du saupoudrage, alors que le gouvernement n’a pas hésité à verser des milliards aux banques et à faire des cadeaux fiscaux. »

Le site Nouvelobs.com reprend, le 13 juin, la réaction du MNCP (voir notre article en page 13) : cette loi « met en place un système beaucoup plus répressif que l’ancien » en imposant des « devoirs » renforcés aux allocataires du RSA.

Dans son texte « Le RSA, machine à fabriquer de la précarité » (Le Monde du 26 juin), le sociologue Robert Castel pointe les écueils : brouillage des frontières entre travail et assistance : « On peut être à moitié (ou au quart…) un travailleur et à moitié un assisté (…) C’est surtout une énorme récession par rapport au statut classique de l’emploi » ; risque d’un effet d’aubaine pour les patrons : « Ainsi on pourrait dire que le RSA entérine la précarité. Mais il risque aussi de l’étendre… » ; et stigmatisation : « On n’en a pas fini de stigmatiser les mauvais pauvres, ceux qui ne travaillent pas, étant entendu que s’ils ne travaillent pas c’est de leur faute. » Pour pallier ces risques, il en appelle à « un véritable suivi personnalisé (…) et non l’exercice d’un chantage pour faire accepter n’importe quel travail », à la sécurisation des parcours professionnels et à la responsabilisation des employeurs.

Actualités Sociales Hebdomadaires du 3 juillet (www.ash.tm.fr) présente d’une façon claire le montant de l’allocation, les ressources prises en compte, les cas particuliers. On apprend la différence entre le RSA “socle” (ancien RMI) et le RSA “chapeau” (complément de revenu). Un peu partout sont évoqués les “vices cachés” du dispositif : impact sur la CMU, les taxes locales, etc.

Ch.M. et D.C.


Date de création : 11/08/2009 @ 20:18
Dernière modification : 11/08/2009 @ 20:18
Catégorie : RSA
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