Ailleurs - ''Au confluent du social et du professionnel''

« Au confluent du social et du professionnel »

Dans l’Allier, on essaie le RSA à Montluçon depuis 2008 : discussion avec Alain Feneyrols, un des membres du groupe chargé de mettre en œuvre cette expérimentation.

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Alain Feneyrols a vu arriver le RMI à la fin de 1988. « Il s’agissait de créer un revenu minimum, mais le RMI n’était pas essentiel-lement centré sur l’emploi. Le RSA accompagne les gens vers, mais aussi “dans” l’emploi, en les soutenant pour le développer, le pérenniser. » Lorsqu’une personne reprend un travail, souvent précaire, elle peut cumuler salaire et “RMI total” pour 3 mois, puis RMI partiel pour 9 mois supplémentaires, sous conditions de ressources ; c’est ensuite que ça devient très difficile de boucler les fins de mois… Pour Alain Feneyrols, le RSA peut améliorer ça : « C’est un outil pour que les ressources des personnes soient plus lisibles. Il tient compte de tous les revenus, ceux du travail et les autres, et de la composition du foyer, y compris les enfants jusqu’à 25 ans. Le but est que les gens atteignent ou dépassent le seuil de pauvreté1. Tant que le bénéficiaire ne l’atteint pas, ça peut ne jamais s’arrêter. » En clair, pour calculer l’allocation RSA, c’est toute la famille qui sera prise en compte ; et une personne qui trouve ou reprend un travail, ou qui augmente son temps de travail, s’y retrouve un peu mieux financièrement avec le RSA, et cela sans limite dans le temps tant qu’on n’atteint pas un certain niveau de revenu (“revenu garanti”, variable selon la composition et les ressources de la famille). Le problème de fond reste… de trouver du travail, même précaire, quand la crise fait fondre l’intérim à grande vitesse… Cela dit, pour son insertion professionnelle, chaque personne restera suivie individuellement.

L’expérimentation s’est avérée intéressante justement sur ce point : les services sociaux et ceux de l’ex-ANPE recevaient ensemble les personnes concernées. « Ce travail en binôme a provoqué un partage entre des cultures assez différentes », se félicite Alain Feneyrols qui précise : « Ça s’est bien passé, cela a permis de mieux comprendre les intérêts de chacun, en évitant des redites pour les usagers : on était vraiment au confluent du social et du professionnel. C’est enrichissant, car chacun a modifié ses pratiques de façon positive. » Cette expérimentation « a aussi rendu le bénéficiaire partenaire, il donne son avis, il devient acteur plutôt que sujet » : pour preuve, Alain Feneyrols évoque la création d’un groupe de bénéficiaires qui a été consulté au cours de l’action. Affaire à suivre…

G.D.

1. estimé à 880 euros pour une personne.

Date de création : 22/05/2009 @ 16:15
Dernière modification : 22/05/2009 @ 16:15
Catégorie : Ailleurs
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