Quoi de neuf ? - A la rencontre des demandeurs d’asile

A la rencontre des demandeurs d’asile

Qui sont-ils, d’où viennent-ils, et que font-ils “chez nous” ? Depuis quelques années, autour de nombreuses écoles de France, un soutien spontané s’est manifesté avec force à l’égard de familles étrangères menacées d’expulsion. Plus récemment, le film “Welcome”, de Philippe Lioret, a touché un très large public en posant la question du “délit de solidarité” avec les migrants en difficulté. L’équipe d’Exclusif s’est rendue au centre d’accueil pour demandeurs d’asile (CADA) de Bussières-et-Pruns, près d’Aigueperse, pour faire connaissance avec des personnes réfugiées et celles qui, à titre professionnel ou bénévole, s’occupent d’elles et de leurs familles.

Entretien avec Sandrine Baury et Pierre Bouet, intervenante sociale et directeur du centre d’accueil pour demandeurs d’asile.

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Quels sont les statuts et missions d’un CADA ?

Les CADA sont financés par l’Etat1. Le nôtre est géré par une association affiliée aux Compagnons d’Emmaüs. Ils assurent l’accueil, l’hébergement, l’accompagnement social, médical et culturel, la gestion de la scolarisation des enfants, et préparent la sortie des résidents, “l’après CADA”, notamment pour chercher un logement.

Quelle est la situation des demandeurs ?

Ces personnes ne sont pas sans-papiers, elles sont en situation légale. Toutes ont retiré à la préfecture un dossier de demande d’asile au titre de la convention de Genève de 1951 : toute personne dont la vie est menacée dans son pays d’origine peut demander asile à un des pays signataires de cette convention, qui se doit d’étudier son cas. Elle est alors orientée vers un CADA, et doit sous 21 jours déposer ce dossier à l’OFPRA2, qui la convoque puis accorde ou non l’asile. Les CADA peuvent aider à constituer ce dossier. Si le demandeur obtient le statut (7 % des cas en 2007), il reçoit le précieux sésame, une carte de séjour de 10 ans. S’il est débouté, il peut faire appel auprès de la Cour nationale du droit d’asile – ici, en 2007, 8 des 22 demandeurs ont eu le statut par cette voie. Il existe aussi un statut intermédiaire : les personnes obtiennent alors une protection subsidiaire d’un an et des papiers temporaires, puis le dossier est réétudié en fonction de l’évolution de leur situation et de celle de leur pays (3 cas sur 22). Après la procédure OFPRA ou si elle date de plus d’un an, des demandeurs peuvent avoir des autorisations de travail de trois mois, renouvelables. Celles qui obtiennent le statut ont trois mois pour quitter le CADA, et seulement un si elles sont déboutées.

Comment fonctionne le centre ?

Nous accueillons actuellement 51 personnes, dont 16 francophones et 27 enfants, en chambres individuelles ou en appartements. Nous sommes sept salariés, mais de nombreux bénévoles interviennent aussi (voir ci-contre). Il y a un soutien important de la banque alimentaire, de l’école d’Aigueperse, des clubs de foot et centres de loisirs alentour où les enfants sont les bienvenus, ainsi que de l’association CEDABA récemment créée. Notre financement est de 25 euros par personne et par jour, c’est très peu. Nous sommes en pleine campagne : c’est bien pour les résidents qui ont souvent besoin de “se poser” et cultivent un peu leur jardin, aux sens propre et figuré. Mais du même coup, les frais et les temps de transport sont très lourds dans notre budget.

Comment la situation évolue-t-elle pour les demandeurs ?

Depuis quelque temps, toutes les demandes des quatre départements d’Auvergne sont concentrées à la préfecture de région, à Clermont. Bientôt, tout ce qui concerne la demande d’asile sera traité directement par la préfecture, et on s’inquiète beaucoup du risque d’une évolution de plus en plus administrative, de moins en moins sociale. En bref, ça devient une affaire de “gestion des flux”, alors qu’il s’agit d’accueillir des personnes.

Propos recueillis par A.Q.

1. Via la DDASS.
2. Office français de protection des réfugiés et apatrides.

Date de création : 22/05/2009 @ 14:37
Dernière modification : 22/05/2009 @ 14:37
Catégorie : Quoi de neuf ?
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