Dossier - La banalité du mâle

SOS Femmes

La banalité du mâle

En France, une femme meurt tous les trois jours de violences conjugales, et une sur dix en a subi depuis un an – verbales, psychologiques, physiques ou sexuelles… L’association SOS femmes les accueille, réconforte, conseille, rompt l’isolement…

« Devant l’église de campagne, je n’y comprenais rien. Des enterrements, j’en avais vu d’autres mais là, le nombre de personnes, la gravité des femmes, le malaise des hommes, un silence très particulier, rien ne correspondait avec ce que je savais – trop peu – de la vieille femme qui venait de mourir. Me revenaient des “c’était une brave femme”, “elle en a vu dans sa vie” trop graves et furtifs pour insister. Ce jour-là, la petite communauté enterrait une femme battue et maltraitée durant toute sa vie. Tout le monde le savait, gendarmes compris. »

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Véronique, directrice de SOS Femmes, a entendu beaucoup d’histoires de ce genre. Au début des années 1990, le silence commence à se rompre, avant c’était “un fléau tabou”. Des groupes femmes organisent des permanences téléphoniques, et un long travail de mobilisation, de recueil des faits, d’information aboutit à modifier les rapports de force. Des lois suivent : en 1992-1994, la violence faite aux femmes est reconnue ; 2004, loi Ameline permettant l’éviction sous 48 h du conjoint violent ; 2005, loi sur la récidive permettant l’incarcération ; 2006, élargissement aux pacsés, concubins et “ex”, prévention plus efficace des mariages forcés et des mutilations sexuelles ; 2007, extension du suivi judiciaire avec injonction de soins… La sphère privée n’est plus cette prison silencieuse qui pouvait se refermer sur les femmes.

Celles qui témoignent ici (voir ci-contre) se sont souvent heurtées à des attitudes pas toujours accueillantes… S’adresser à la bonne porte n’en est que plus important. SOS Femmes Auvergne, membre de la Fédération Nationale Solidarité Femmes, réseau de 70 associations, a accueilli 448 femmes en 2007, dont 356 du Puy-de-Dôme, un quart de plus de 50 ans et 65 % de 25 à 50, et issues de toutes les catégories sociales. Au premier appel, 60 % étaient encore au domicile, parfois depuis moins de 5 ans (25 %), parfois depuis plus de 20 ans (25 %). Si les hommes violents sont souvent très persuasifs et manipulateurs, il n’y a pas de profil particulier des femmes battues.

Pour en parler, trouver des conseils rapides et des réponses adaptées, notamment pour se reloger, il faut téléphoner au 39 19, en sachant que l’on peut par la suite être suivie et aidée à long terme. 39 19 : au bout du fil, un collectif, des droits, une nouvelle vie…

Ch.M.

Contact : SOS Femmes, BP 440, 63102 Clermont-Ferrand cedex 1,
tél. 04 73 29 32 20, courriel

Date de création : 21/05/2009 @ 16:29
Dernière modification : 21/05/2009 @ 16:29
Catégorie : Dossier
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