Ailleurs - Interview de pascal perrin

Le rsa expérimenté à montluçon :

Interview de pascal perrin, vice-président chargé de l’insertion au conseil général de l’allier

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Comment se déroule cette expérimentation ?

Elle concerne potentiellement 800 personnes allocataires du RMI et de l’API, et devait durer trois ans. Il est difficile d’en tirer des conclusions car le dispositif est long à mettre en place, notamment pour calculer et verser les compléments de salaire. Mais à mon avis, on doit déjà faire attention à ne pas laisser croire aux gens qu’ils vont toucher davantage par le simple fait que le RSA va remplacer le RMI : ce ne sera vrai que pour ceux qui auront un minimum d’activité salariée.

Quels sont les avantages et les inconvénients à attendre ?

C’est une bonne idée pour valoriser le retour à l’emploi, et le complément de revenu est apprécié, bien sûr : sur les six premiers mois, les personnes ont touché en moyenne un peu plus de 200 € par mois – aujourd’hui seulement 110 à 150, sans doute parce qu’elles ont plus d’heures de travail (25 par semaine en moyenne) ; au début, beaucoup n’avaient que très peu d’heures.

Mais par rapport aux travailleurs pauvres qui sont hors du cadre “RMI-API”, c’est gênant : ils sont tout autant victimes de la précarité. D’autre part, il y a un risque qu’avec le RSA, l’État “dédouane” les employeurs de la précarité de leurs salariés – on sait que deux mi-temps, c’est mieux pour eux qu’un plein temps : lors des “coups de bourre”, on fait venir les deux… De plus, le RSA ne changera rien pour les gens qui sont loin de l’emploi. Leur situation pourrait même empirer. Surtout, je reste persuadé que le supplément de revenu ne suffit pas pour inciter à la reprise du travail : trop souvent, les problèmes de santé, de mobilité, de garde d’enfants sont des “freins” qui font renoncer les personnes peu après la reprise d’un emploi ; et elles ont aussi besoin de formation.

Pouvez-vous chiffrer le coût de l’expérimentation elle-même, en plus des compléments de revenus ?

Notre prévision est de 200 000 € pour l’année, dont seulement 50 % financés par l’Etat. Cela inclut justement ces aides connexes (santé, mobilité, garde…) sur lesquelles nous avons voulu aller plus loin pour accompagner vraiment la reprise d’emploi : c’est là qu’on va être attendus. Rapporté à tout le département, cela ferait 2 millions.

Comment envisagez-vous la généralisation du RSA, dès juin prochain ?

Les services concernés sont portés par la dynamique de la nouveauté, ça marche pour l’instant. Mais pourront-ils suivre tout le monde, tout le temps, sur tout le département ? Le nombre d’allocataires sera peut-être doublé ou plus, puisqu’il inclura aussi les travailleurs à faibles revenus. Il faut absolument que la CAF puisse les suivre et évaluer les allocations mois par mois. Pour ce public, le moindre aléa financier est source de difficultés : il faut absolument éviter qu’un trop-perçu s’accumule. Et il y a tous ceux qui n’arrivent pas à travailler, pour diverses raisons : ils ont droit eux aussi à un accompagnement professionnel, alors que le Pôle emploi peine déjà à suivre les autres… Ne vont-ils pas être encore un peu plus rejetés ? Il faudra vérifier de près que les décrets d’application de la loi garantissent les moyens financiers et humains suffisants.

G.D. & D.C.


Date de création : 25/02/2009 @ 18:40
Dernière modification : 26/02/2009 @ 10:34
Catégorie : Ailleurs
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