Quoi de neuf ? Pôle emploi - Pôle emploi : entre scepticisme et méfiance…

Pôle emploi : entre scepticisme et méfiance…

Promesse électorale de Nicolas Sarkozy, la fusion des Assedic et de l’ANPE est devenue effective le 1er janvier. But affiché : une simplification des démarches et un interlocuteur unique pour les chômeurs, de l’inscription à l’indemnisation.

Votée le 13 février 2008, la loi « relative à la réforme de l’organisation du service public de l’emploi » instaure la fusion de l’ANPE et de l’Assedic qui deviennent le Pôle emploi. Cette nouvelle institution a en charge à la fois le placement et l’indemnisation des demandeurs d’emploi. La nouvelle législation prévoit en outre le transfert aux Urssaf de la collecte des contributions d’assurance-chômage.

Un lieu unique

La mise en place du nouveau fonctionnement se fera en deux étapes. Depuis le 5 janvier, une simplification progressive des services permet aux demandeurs d’emplois l’inscription en un lieu unique. Un numéro de téléphone, le 3949, permettra aux demandeurs d’avoir en une fois toutes les informations concernant leur inscription et leur indemnisation. À partir du second semestre 2009, un service unifié généralisé devrait faciliter les démarches d’inscription par le biais d’un entretien unique, où seront réglés l’inscription, l’indemnisation et l’accompagnement vers l’emploi.

Une idée ancienne

Cette fusion est directement héritée d'un vieux projet de la gauche mitterrandienne, qui rêvait alors d'un « grand service public de l'emploi ». Pour certains syndicats – pas tous –,
Bruits de couloirs
Laurent Wauquiez, infatigable VRP gendre idéal de Nicolas Sarkozy aime les symboles forts. Il voulait que “son” pôle emploi soit présent dans sa ville du Puy avant tous les autres. Mais pour des raisons immobilières cela paraissait difficile. Qu'importe, rien d'impossible au représentant de la France qui en veut. Il lorgne alors sur le bâtiment de l'administration des Douanes, qui pourrait faire l'affaire, même provisoirement. Les douanes locales ne veulent pas forcément céder leur place du jour au lendemain. Il faudra l'intervention bienveillante et bienvenue du préfet pour que les douaniers fassent piteusement et promptement leurs cartons. Le Pôle emploi du Puy est né. Laurent Wauquiez est très efficace. Peu importe que le bâtiment ne soit pas fonctionnel, qu'il ne soit pas aux normes et que dès la mise en place de la convention collective, il faudra trouver un autre terrain et tout recommencer. Dans un an au plus tard. Coût du caprice : dans les 500 000 euros.
il est d'ailleurs clair qu'avoir un seul interlocuteur pour ses démarches d'indemnisation et de recherche d'emploi est une nécessité. Il n'empêche que la nouvelle institution se trouve sous un statut quelque peu étrange, et à ce jour unique en France, celui d'un “organisme public de droit privé”, néologisme juridique qui interpelle les syndicats.

Dès lors, entre scepticisme et méfiance, une tendance dure se dégage du côté de la CGT, de FO, du SNU et de SUD, sur le bien-fondé de cette fusion. À l'heure actuelle, la CGT et FO restent résolument contre cette décision, pourtant adoptée de facto depuis février 2008. C'est d'ailleurs l'argument de l'intersyndicale CFE-CGC, CFDT, CFTC et UNSA, qui considère que « d'accord ou pas, nous sommes bien obligés d'accepter la nouvelle législation. Il faut maintenant que nous fassions avec, mais que cette fusion ne se fasse ni au détriment des salariés des ex-ANPE et Assedic, ni à celui des demandeurs d'emploi. »

Ce qui n'est pas du tout évident. Bien sûr, l'idée d'un guichet unique apparaît séduisante. Un seul numéro de téléphone, un seul interlocuteur qui suit votre dossier de A à Z. Quel est donc le problème ? Pour Hugues Berton et François Grandjean, délégués syndicaux de la CFTC emploi, cette fusion se fait « à la va vite. Cela pose de problèmes techniques. L’Auvergne a 9 mois pour mettre en place sa nouvelle structure immobilière du pôle emploi. » C’est-à-dire mixer les sites, les mettre aux normes, intégrer des lieux nouveaux. « Le risque est de se retrouver avec des bureaux en plateau, où les demandeurs d'emploi ne pourront être reçus individuellement dans des conditions de confidentialité correctes. » Il est vrai que l'on peut légitimement se poser la question, dès lors que les consignes ministérielles concernent des “clients” et non plus des “demandeurs d'emplois”.

Côté “gestion de portefeuille clientèle”, les personnels de l'ANPE recevaient jusqu'à 120 personnes au mois. « Au départ, le nouvel accompagnement-suivi était prévu avec un quota de 60 personnes par conseiller ; le récent mouvement de grève et les négociations ont permis de le baisser à 30 personnes. Mais cela demande de la formation interne, du transfert de personnel. Tout cela apparaît avec très peu de lisibilité dans les textes », poursuit Hugues Berton. « Rien n'a été fait en amont, » reprend François Grandjean, « imaginez qu'on n’avait même pas de papier à en-tête pour les courriers… »

Le mouvement de grève concerne aussi les acquis sociaux des salariés du Pôle emploi. À ce jour, la convention collective est toujours en négociation. Mais il reste quand même, au sujet du fonctionnement global, de grandes interrogations.

L'Assedic d'Auvergne, comme bon nombre de ses consœurs, était propriétaire de son siège
Emploi et chômage en Auvergne
Septembre 2008 : le chômage touche 6,6 % de la population active, dont 42 380 allocataires (octobre 2008) 433 millions d’euros d’indemnisation versées en 2007. Novembre 2008 : 64 658 offres d’emploi (91,7 % de ces offres ont été satisfaites) Chiffres ANP-INSEE
clermontois, situé avenue Édouard Michelin. Dans le cadre de la fusion, ce bien immobilier a été “donné” à l'UNEDIC, organisme national, qui aujourd'hui le loue au Pôle emploi auvergnat… Voilà de l'argent qui ne concerne plus les demandeurs d'emploi, mais qui repart de façon très mystérieuse dans certaines caisses de l’État.

Autre petit détail, un peu inaperçu, la disparition de la commission de recours en cas de radiation administrative, comme pour le refus de deux « propositions d'emploi raisonnables », dont la définition même est plus qu'arbitraire, les particularités sociales ou familiales devenant des critères non-recevables. Quand on ajoute à cela la disparition de l'organe paritaire qui, du temps de “l'assurance chômage”, assurait éthique et équité, les prochains mois et la deuxième phase de la mise en place du pôle emploi devraient amener leur lot de négociations serrées et de remous sociaux. À suivre donc.

L.R.


Date de création : 25/02/2009 @ 17:57
Dernière modification : 25/02/2009 @ 17:57
Catégorie : Quoi de neuf ? Pôle emploi
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