Comment fabriquer du logement social ?

“Les HLM”, bien souvent, apparaissent comme une grosse machine qui met des mois, parfois des années avant d’attribuer un logement… Comment fonctionnent les sociétés de HLM, qu’on appelle aussi “bailleurs sociaux” ? D’abord, beaucoup d’organismes HLM ne sont pas des entreprises privées mais des offices publics (les OPHLM et les OPAC), créés par des villes, des départements, etc., pour bâtir et gérer des “habitations à loyers modérés”. Les autres, qui s’appelaient sociétés anonymes d’HLM1, comprennent essentiellement deux grands actionnaires : les “collecteurs 1 %” (organismes gérant le “1 % patronal”, qui est la contribution des entreprises à la construction de logements pour les salariés) et les Caisses d’épargne. Alors que les entreprises privées de promotion immobilière, qui exercent la même activité, le font, elles, avec des fonds venant de banques privées ou de particuliers, pour gagner de l’argent, les sociétés de HLM n’ont pas le droit de faire des bénéfices avec l’argent de la construction. Pour entretenir les logements existants et payer leurs salariés, elles doivent se débrouiller avec leurs recettes propres (les loyers). Mais alors, comment font-elles pour construire de nouveaux logements ? Le Livret A à la Poste ou à la Caisse d’épargne, celui qui rapporte actuellement 2,25 % d’intérêts, est la première pierre pour bâtir du logement social. Pourquoi ? Parce que depuis très longtemps, c’est avec cet argent de l’épargne populaire (on peut ouvrir un livret avec 1,5 euro) que l’État accorde des prêts aux sociétés de HLM, par le biais de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) ; ces prêts sont complétés par des subventions. En contrepartie, les HLM s’engagent à fixer des niveaux de loyers maximum pour ces logements, qui par ailleurs sont éligibles à l’APL2. Le mécanisme : l’État, c’est-à-dire le gouvernement, fixe le taux d’intérêt du livret A. S’il le baisse, les sociétés de HLM pourront obtenir des prêts CDC moins chers. à condition que l’État n’en profite pas, comme c’est le cas en ce moment, pour retirer d’une main ce qu’il donne de l’autre, en réduisant les subventions qui, normalement, viennent compléter les prêts CDC. Or le logement social revient de plus en plus cher, parce que les terrains et la construction d’immeubles plus petits et de meilleure qualité qu’autrefois sont de plus en plus coûteux… C’est pourquoi les collectivités locales (comme Clermont Communauté) sont de plus en plus sollicitées pour participer elles aussi au logement social. Les bailleurs sociaux “font avec” tout ça : ils savent très bien qu’il n’y a pas assez de logements sociaux, mais ils ne peuvent en construire de nouveaux que si les pouvoirs publics leur en donnent les moyens…


D.C.


1. Aujourd’hui Entreprises sociales de l’habitat.


2. Aide personnalisée au logement, qui réduit le loyer en fonction de la composition de la famille et de ses revenus.


Date de création : 01/02/2004 @ 17:27
Dernière modification : 30/01/2005 @ 21:31
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