Dossier - Yourte, fromages et légumes bio

LES HABITATS INHABITUELS

Yourte, fromages et légumes bio

Ann, Hervé et deux de leurs enfants vivent en yourte depuis plus d’un an, à la frontière du Puy-de-Dôme et de la Haute-Loire.

Hervé et Ann Richard nourrissaient depuis plusieurs années un projet d’exploitation agricole, amorcé en 2007 par l’achat d’un terrain non constructible de 26 hectares à Lagarde. Le statut d’agriculteur permet, sous certaines conditions, de construire son logement dans le cadre de l’exploitation agricole. Vu leur endettement pour cet achat, une solution pour se loger à peu de frais pendant le chantier de leur future ferme était impérative.

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Ils pensèrent alors à l’habitat mobile, mais une demande d’autorisation pour un mobilhome fut refusée par la mairie. D’une précédente expérience en tepee, ils avaient gardé un souvenir mitigé. La yourte, idée qui venait du froid, leur sembla plus spacieuse et chaude pour l’hiver. Elle fut aussi plus crémeuse aux papilles de la mairie : accordée. 2 D’une surface au sol de 32 m , la yourte fabriquée en Mongolie a été achetée pour 4 000 €. On peut en trouver divers modèles sur Internet1.

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« À monter, ce n’est pas très compliqué », assure Ann. Les murs sont faits de six panneaux en treillis de bois, attachés entre eux avec du crin de cheval. Le “tonoo”, à la fois clé de voûte, “fenêtre-cheminée” par où passe le tuyau du poêle à bois qui est le chauffage principal, et élément central, est relié au reste de la structure par 96 perches, bloquées sur les treillis et qui constituent l’ossature du toit. On les recouvre d’une couche de panneaux de feutre, isolant thermique. On sangle l’ensemble. Puis on pose par-dessus un drap de coton serré qui supporte le ruissellement des eaux, et enfin la toile décorative. « En s’y mettant à plusieurs, ça se fait dans la journée. »

L’hiver sera rude…

Comme il s’agit d’une solution à moyen terme – peut-être quelques années –, un confort minimum s’avérait nécessaire. Ils posèrent donc la yourte sur une 2 partie d’un parquet de 120 m , ajoutèrent à côté un cabanon faisant office de cuisine, salle de bains et toilettes sèches, sans eau courante ni électricité – attendues pour les mois suivants. Le tout en bois de bardage, pour un budget supplémentaire de 4 000 € et une grosse semaine de travail.

« On a quand même un groupe électrogène pour se dépanner… Pour la toilette, heureusement nous avons quelques voisins sympas et solidaires. Une fois bien équipés, nous disposerons d’un confort correct. Ce logement sera plus confortable et plus cosy que d’autres habitats mobiles type caravane, mobilhome ou tepee. » Si chacun a son coin à lui, l’intimité manque un peu, la structure ne comportant pas de cloisons . Il y a aussi quelques contraintes, et d’abord si on y habite toute l’année : en hiver, sans chauffage, l’humidité dégraderait tout très vite, sinon il faut démonter. La yourte n’est d’ailleurs pas adaptée aux zones à très fortes précipitations.

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Enfin, avec un sourire un peu las, Ann insiste sur le fait que la première des conditions est de s’assurer du soutien de la commune où se trouve le terrain. L’intégration de ce type d’habitat dans nos campagnes reste encore délicate, particulièrement lorsqu’on n‘est pas originaire du secteur. La vieille peur de la différence tenaille toujours nos semblables.

Ces logements sont pourtant généralement plus respectueux de l’environnement et générateurs de moins de nuisances lors de leur installation, ce qui constitue un avantage pour tous les riverains. Et le fait qu’ils soient un peu plus sommaires qu’un logement en dur est surtout un désagrément… pour les occupants. On s’y sent en revanche de plain-pied dans la nature : « De notre lit, la nuit, on entend les chouettes hululer et, à la saison, le cerf bramer. » Le jour commence à baisser, il est l’heure d’allumer bougies et lampes à huile, et de laisser Ann revenir à ses chèvres et moutons. Nous nous éclipsons, lui souhaitant encore un peu de courage et de patience. Ce printemps, autour de la yourte, elle commencera à cueillir les premiers fruits de son travail à savoir fromages, légumes bio et bois.

A.Q.

1. Certains modèles proposent une mezzanine… pour plus cher !
Où je peux poser ma yourte ?

Pour l’installation d’une yourte sur un terrain constructible, il existe deux cas de législation en fonction de sa surface hors œuvre nette (SHON), qui est la surface habitable où la hauteur sous plafond est supérieure à 1,80 m. Si la SHON est inférieure à 20 m², une déclaration préalable de travaux doit être déposée à la mairie. C’est une démarche de déclaration, non de demande d’autorisation (contrairement au permis de construire) : il n’y a donc pas à attendre que l’administration autorise les travaux, mais simplement à laisser passer un délai de deux mois pour s’assurer qu’elle ne s’oppose pas au projet. Si la SHON est supérieure à 20 m², la règle est la même que pour une construction traditionnelle en dur : il faut donc un permis de construire. Si la demande est acceptée, la mairie se doit d’amener les raccordements eau et électricité jusqu’en limite du terrain.

Date de création : 24/02/2009 @ 14:45
Dernière modification : 26/02/2009 @ 17:39
Catégorie : Dossier
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