Dossier - Toi mon toit...

Toi mon toit...

Des logements sociaux avec piscine, practice de golf et terrasses ensoleillées, ça vous plairait ?

“L’enquête logement” des limiers d’Exclusif recèle des surprises. Au départ, tout semblait simple : quelques données sur le logement social, un point sur le droit au logement, des contacts d’associations pour aider à le faire respecter, quelques tuyaux sur l’accession au logement ou les habitats alternatifs... Patatras, c’est la Crise ! Les placements mirobolants fondent au soleil, les promoteurs immobiliers se sentent mal, la construction s’effondre, le crédit américain fait une apparition remarquée dans le bilan des banques françaises, bref : la création de richesses, célébrée matin, midi et soir dans les médias, fait pschitt. Pour beaucoup, précaires, intérimaires, c’est le retour à la case chômage. Il faut sauver les banques, le crédit et relancer l’activité...

Notre dossier s’en trouve chamboulé. Il existe une routine journalistique pour parler logement : ici des pages Société avec les mal logés et SDF, les associations dénonçant la hausse des loyers et les expulsions ; là des pages Business sur la croissance des profits. Ici les bailleurs sociaux – présentés comme un peu ringards et bureaucratiques –, là les promoteurs privés – tellement plus dynamiques ! Ici l’enrichissement “à portée de tous”, là le droit au logement opposable. Tout se retrouve cul par-dessus tête.

C’est d’abord la synchronisation de ce qui était séparé : épargnants, petits propriétaires, sans logis, salariés du bâtiment ne peuvent plus s’ignorer les uns les autres. C’est ensuite un effet révélateur : là où le marché autorégulateur devait assurer la prospérité, c’est plutôt l’État, les collectivités et les bailleurs sociaux qui sont appelés à la rescousse. Rien ne semble en réchapper : l’écologie n’est plus un cosmétique mais un vecteur de reprise, l’auto-construction une solution moderne, le logement social un investissement d’avenir ! Entre actionnaires et SDF réapparaît la masse des salariés dont les problèmes très concrets, loyers ou emprunts, risquent de persister devant les plus belles opérations de communication gouvernementale – après le flop de la maison Borloo à 100 000 € (moins de 70 au lieu des 40 000 annoncées), la célèbre maison de Mme Boutin à 15 € par jour a pris un coup de vieux...

Alors ? Si pour sauver l’économie les bailleurs sociaux doivent reprendre les projets des promoteurs, ce sera peut-être piscine et golf pour tout le monde ? Ce n’est pas sûr, nous allons nous renseigner...

Date de création : 23/02/2009 @ 16:20
Dernière modification : 23/02/2009 @ 16:20
Catégorie : Dossier
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